Insulinorésistance : tout savoir sur la résistance à l'insuline

Auteur Sandra Maribaux
Auteur : Sandra Maribaux, publié le 12/03/2011

L'insulinorésistance n'est pas un problème rare. Voici ce qu'il faut savoir sur la résistance à l'insuline pour mieux la gérer.

L'insulinorésistance (aussi appelée la résistance à l'insuline) est un problème de santé ennuyeux quand vous voulez maigrir. Dans cet article, nous allons voir sa définition, ses causes, ses symptômes, son traitement, les aliments à consommer pour réduire le risque de développer ce trouble. Lisez aussi : Un corps résisterait davantage à l'insuline à cause du manque de sommeil.


> Définition
L'insuline est une hormone qui est produite par les cellules bêta, qui sont des cellules qui sont clairsemées à travers le pancréas. L'insuline produite est libérée dans dans le flux sanguin et voyage dans tout le corps.

L'insuline est une hormone importante qui agit à divers niveaux dans l'organisme. La plupart de ses actions sont dirigées vers le métabolisme des glucides (sucres et féculents), lipides (graisses) et protéines. L'insuline est aussi importante pour réguler les cellules du corps, y compris leur croissance. Lisez aussi : DHEA : l'hormone DHEA aide-t-elle à maigrir ?

L'insulinorésistance est un état dans lequel les cellules du corps deviennent résistantes aux effets (actions) de l'insuline. Cela veut dire que la réaction normale à la présence d'une certaine quantité d'insuline se réduit (n'est plus normale).

En conséquence, des taux plus élevés d'insuline dans le corps sont nécessaires pour que l'insuline puisse produire ses effets. La résistance à l'insuline est observée que ce soit avec l'insuline produite par le corps (insuline endogène) ou avec l'insuline injectée dans le corps (insuline exogène). Lisez aussi : Déséquilibre hormonal et prise de poids : causes, symptômes.


> Causes
Il existe probablement plusieurs causes de résistance à l'insuline et beaucoup d'experts pensent que le facteur génétique (élément héréditaire) joue un rôle important. Certaines médications peuvent également provoquer ce problème. De plus, l'insulinorésistance est souvent observée dans les états suivants :
  • Syndrome métabolique (aussi appelé le syndrome X),
  • Obésité,
  • Grossesse,
  • Infection ou maladie sévère,
  • Stress,
  • Pendant l'utilisation des stéroïdes.

Lisez aussi : "Syndrome métabolique, graisse viscérale et maladie d'Alzheimer" et "Qi Gong et Tai Chi pour perdre du poids et améliorer le syndrome X".


> Lien entre ce trouble et le diabète
Le diabète de type 2 est le type de diabète qui se produit plus tard dans la vie. L'insulinorésistance précède le développement du diabète de type 2, parfois de plusieurs années. Chez les personnes qui finissent par développer le diabète de type 2, les experts pensent que le taux de glucose dans le sang et le taux d'insuline sont normaux pendant de nombreuses années, puis qu'à un certain moment, la résistance à l'insuline se développe. Lisez aussi : Diabète : comment les habitudes de vie affectent-elles le diabète ?

A ce moment, il y a souvent une association entre un taux d'insuline élevé, une obésité centrale, des taux de cholestérol anormaux et/ou de l'hypertension. Quand cette constellation de maladies se produit, cela s'appelle le syndrome métabolique.

L'une des actions de l'insuline consiste à amener les cellules du corps (surtout les cellules des muscles et les cellules de graisses) à enlever et à utiliser le glucose dans le sang. Il s'agit d'une manière pour l'insuline de contrôler le taux de glucose dans le sang. L'insuline produit cet effet sur les cellules en s'attachant aux récepteurs à l'insuline sur la surface des cellules. Lisez aussi : La graisse et les cellules graisseuses : 7 choses à savoir.

Vous pouvez imaginer ce processus comme si l'insuline frappait aux portes des cellules musculaires et graisseuses. Les cellules entendent les coups à la porte, ouvrent la porte et laissent le glucose entrer pour être utilisé par la cellule. Avec l'insulinorésistance, les muscles n'entendent pas les coups sur la porte (puisqu'ils sont résistants), et le pancréas est notifié qu'il a besoin de fabriquer davantage d'insuline (ce qui augmente le taux d'insuline dans le sang et provoque un coup plus fort sur la porte). Lisez aussi : Graisse corporelle : mieux comprendre la graisse dans le corps.

La résistance des cellules continue à augmenter avec le temps. Tant que le pancréas est capable de produire assez d'insuline pour vaincre cette résistance, le taux de glucose dans le sang reste normal. Mais quand le pancréas ne peut plus produire assez d'insuline, le taux de glucose sanguin commence à monter. Au début, ce taux augmente après les repas (quand le taux de glucose se trouve au plus haut et quand davantage d'insuline est nécessaire), mais il finit par augmenter aussi avant les repas (alors que le corps est à jeun). A ce point, le diabète de type 2 est présent dans le corps. Lisez aussi : Amandes contre diabète de type 2 et maladies cardio-vasculaires.


> Maladies associées à cette affection
Bien que le syndrome métabolique lie l'insulinorésistance à l'obésité abdominale (obésité au niveau du ventre), à un taux de cholestérol élevé et à une hypertension, il existe plusieurs autres maladies qui sont spécifiquement liées à la résistance à l'insuline. Lisez aussi : Graisse abdominale : comment perdre la graisse abdominale ?

Peut-être que l'insulinorésistance est la cause de certaines de ces maladies, mais cela n'est pas encore prouvé avec certitude. Les maladies associées à la résistance à l'insuline incluent :
  • Diabète de type 2,
  • Maladie du foie gras,
  • Artériosclérose,
  • Lésions de la peau (acrochordons, acanthosis nigricans),
  • Anomalies reproductives chez les femmes (infertilité, menstruations irrégulières voire absence des menstruations). Chez les hommes, il n'existe pas d'anomalies reproductives à cause de l'insulinorésistance,
  • Maladie des ovaires polykystiques (syndrome de Stein-Leventhal),
  • Hyperandrogénie,
  • Anomalies de croissance.

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> Populations les plus exposées
Les gens risquent davantage de développer une insulinorésistance s'ils :
  • Sont en surpoids avec un IMC supérieur à 25,
  • Sont un homme avec un tour de taille supérieur à 102 cm ou une femme avec un tour de taille supérieur à 89 cm,
  • Ont plus de 40 ans,
  • Sont d'origine latine, africaine ou asiatique,
  • Ont un antécédent familial de diabète de type 2, d'hypertension ou d'artériosclérose,
  • Ont déjà eu le diabète gestationnel,
  • Ont de l'hypertension, un taux de triglycérides sanguin élevé, un taux de cholestérol HDL (le "bon" cholestérol) faible ou l'artériosclérose,
  • Souffrent de la maladie des ovaires polykystiques,
  • Souffrent de l'acanthosis nigricans (maladie rare de la peau faite de taches épaissies et bronzées).

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> Diagnostic
Un médecin peut identifier les personnes qui pourraient présenter une insulinorésistance en analysant l'historique détaillé du patient, en examinant physiquement le patient, en procédant à des tests de laboratoire en utilisant les facteurs de risque.

Il existe quelques tests très sophistiqués pour diagnostiquer ou confirmer la résistance à l'insuline comme le clamp hyperinsulinémique euglycémique ou encore les essais de tolérance par voie intraveineuse. Toutefois, il s'agit des tests coûteux, compliqués et ne sont pas nécessaires pour gérer les patients. Ces tests sont utilisés surtout dans le cadre des études. Lisez aussi : Masse grasse : mesurer la graisse corporelle par 10 façons.

Dans la pratique clinique générale, le taux de glucose en conjonction avec le taux d'insuline à jeun peuvent donner au médecin un indice pour savoir si l'insulinorésistance est présente ou pas chez un patient qui n'est pas diabétique. Un diagnostic ferme ne peut pas être fait simplement en basant sur cela, puisque les techniques de laboratoire pour mesurer l'insuline varient et qu'il n'y a aucune valeur absolue qui satisfait une délimitation. Toutefois, un taux de glucose au-dessus du quartile supérieur à jeun chez quelqu'un qui ne souffre pas de diabète est considéré comme anormal. Lisez aussi : Indice de Masse Adipeuse (IMA) : une meilleure mesure que l'IMC ?


> Traitement
L'insulinorésistance peut être gérée de 2 façons. D'abord, le besoin d'insuline peut être réduit. Ensuite, la sensibilité des cellules à l'action de l'insuline peut être augmentée.

1) Changements de style de vie
Le besoin de l'insuline peut être réduit en modifiant l'alimentation, surtout au niveau des glucides. Ces derniers sont absorbés dans le corps après avoir été décomposés en sucres. Certains glucides sont décomposés et absorbés plus vite que d'autres et sont mentionnés comme possédant un Index Glycémique (IG) élevé. Ces glucides augmentent le taux de glucose dans le sang plus vite et exigent une hausse de sécrétion d'insuline pour contrôler le taux de glucose dans le sang. Lisez aussi : La stevia : édulcorant naturel sans calories ni glucide du futur.

Quelques exemples des glucides qui ont un IG élevé qui augmentent le taux de glucose dans le sang sont : les sucres non raffinés, les pains blancs, les produits non raffinés à base de maïs ou de pommes de terre. Lisez aussi : Aliments sucrés, aliments riches en sucres / glucides.

Quelques exemples des glucides qui ont un IG faible sont : les aliments riches en fibre alimentaire comme les pains complets ou le riz brun, les légumes non féculents (comme le brocoli, les haricots verts, l'asperge, la carotte, les légumes verts).

Parce que les aliments sont rarement consommés de manière isolée (ils sont souvent combinés dans des plats), vous pouvez penser que l'Index Glycémique de chaque aliment n'est pas aussi important que l'Index Glycémique global du repas en entier. Lisez aussi : Prédiabète : quelle alimentation choisir en cas de pré-diabète ?

Diverses études ont montré que perdre du poids et faire de l'aérobic augmentent le taux auquel le glucose dans le sang est utilisé par les cellules musculaires. Cela est la conséquence d'une plus grande sensibilité des cellules à l'insuline.

Il y a deux études importantes qui ont analysé la prévention du diabète de type 2. Les deux études ont été menées sur des patients qui ne pouvaient pas contrôler leur taux de glucose dans le sang, qui peut être considéré comme le même que chez les patients présentant une résistance à l'insuline. Lisez aussi : S'alimenter sainement en cas de diabète de type 2 : 7 conseils.

Une étude menée en Finlande a montré que les changements en alimentation et en exercice physique diminuent le risque de développer le diabète de 58%. L'autre étude, menée aux Etats-Unis et nommée "Etude du Programme de Prévention du Diabète" (EPPD), a montré une réduction similaire du risque de diabète grâce à un changement de comportement alimentaire et à un plus grand niveau d'activités physiques. Lisez aussi : Habitude alimentaire : 12 habitudes alimentaires qui font maigrir.


2) Médicaments
La metformine (Glucophage®) est un médicament utilisé pour traiter le diabète. Il possède deux mécanismes d'action qui aident à contrôler le taux de glucose dans le sang. Il empêche le foie de libérer le glucose dans le sang, et il augmente la sensibilité des cellules musculaires et graisseuses à l'insuline afin qu'elles enlèvent davantage de glucose du sang. A cause de ces actions, la metformine réduit le taux d'insuline dans le sang. Lisez aussi : Victoza, médicament anti-diabète faisant maigrir plus que Xenical.

L'étude EPPD (mentionnée plus haut) a analysé les effets de la metformine (en complément des changements d'alimentation et d'activité physique) sur la prévention du diabète insulinorésistant. La metformine a diminué le développement du diabète de 31% (cette réduction du risque reste toutefois inférieure à un changement de comportement alimentaire et à une hausse des activités physiques). La metformine est un médicament raisonnablement sans dangers quand elle est utilisée en respectant les prescriptions des médecins. Bien qu'il existe des effets secondaires au niveau gastro-intestinal avec la metformine, ce médicament reste généralement bien toléré. Lisez aussi : Victoza : à savoir sur l'antidiabétique par injection liraglutide.

D'autres médicaments déjà testés dans le cadre des études pour traiter l'insulinorésistance et qui ont montré une efficacité dans la réduction du risque de diabète sont :
  • Acarbose (Glucor®) : ce médicament agit dans les intestins pour ralentir l'absorption des sucres, et cet effet réduit le besoin de l'insuline après les repas. Des études ont trouvé que l'acarbose diminut le développement du diabète de 25%,
  • Pioglitazone (Actos®) : ce médicament augmente la sensibilité à l'insuline,
  • Rosiglitazone (Avandia®) : ce médicament augmente aussi la sensibilité à l'insuline, mais la FDA a ordonné de réserver sa prescription aux seules personnes diabétiques incapables de contrôler leur diabète grâce au médicament Actos® (parce que Avandia® augmente le risque de crise cardiaque et de congestion cérébrale),
  • Troglitazone (Rezulin®) : retiré du marché à cause des effets toxiques sévères sur le foie malgré une réduction du diabète de 25%.

Lisez aussi : "Victoza plus efficace que Januvia comme médicament antidiabétique" et "Januvia (sitagliptine) : fonctionnement, effets secondaires, dosage".


Si vous avez déjà réussi à traiter l'insulinorésistance, racontez-nous votre expérience. Que pensez-vous de son impact sur la perte de poids ? Si vous avez aimé cet article, merci de le recommander sur Facebook, de le tweeter, de lui donner un vote +1 sur Google Plus.

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Photo portrait de l'auteur Sandra Maribaux