Jambes sans repos : que faire contre le syndrome SJSR ?

Auteur Sandra Maribaux
Auteur : Sandra Maribaux, publié le 06/01/2012
Relu par le comité de rédaction

Cette affection touche plus de gens qu'on ne croit. Détaillons-la ainsi que les aliments à manger et à éviter pour moins en souffrir.

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est une cause fréquente des jambes douloureuses. La douleur ressentie au niveau des gambettes due à cette affection se soulage typiquement en les mettant en mouvement. Cette douleur devient plus remarquable au repos. Ce syndrome présente également une aggravation des symptômes et de la douleur dans les membres inférieurs en début de soirée ou plus tard dans la nuit. Découvrez aussi nos conseils pour prévenir ou traiter les jambes subissant une lourdeur, une fatigue et des douleurs.

Cette affection est souvent abrégée SJSR. Elle est autrefois désignée par le nom de "secousses". Avoir des secousses nocturnes involontaires pendant le sommeil est également connu comme un trouble des mouvements périodiques des pattes.


> Causes

La raison du développement de cette affection est inconnue chez la plupart des gens. Toutefois, le SJSR a été associé à :
  • La grossesse,
  • L'obésité,
  • Le tabagisme,
  • La carence en fer et l'anémie,
  • Les maladies nerveuses,
  • La polyneuropathie (qui peut être associée à l'hypothyroïdie, l'intoxication par des métaux lourds et/ou autres toxines, et à de nombreuses autres problèmes de santé),
  • D'autres maladies hormonales telle que le diabète,
  • L'insuffisance rénale (qui peut être associée à une carence en vitamines et en minéraux).

Certains médicaments et substances ont été liés au SJSR, y compris :
  • La caféine,
  • L'alcool,
  • Les bloqueurs de l'histamine H2 comme la ranitidine (Zantac) et la cimétidine (Tagamet), ainsi que certains antidépresseurs comme l'amitriptyline (Elavil, Endep).

Parfois, le syndrome des jambes sans repos se transmet de génération en génération. Des études récentes ont montré que le SJSR semble devenir plus fréquent au fur et à mesure qu'une personne vieillit. En outre, une mauvaise circulation veineuse des jambes (provoquée par exemple par des varices) peut causer cette affection.


> Symptômes

Plusieurs signes différents sont décrits par les patients, par exemple :
  • Douleurs aux jambes,
  • Crampes,
  • Picotements,
  • Démangeaisons,
  • Brûlures,
  • Courbatures.

L'aggravation des symptômes observée la nuit chez les personnes souffrant de cette affection conduit à l'insomnie. A cause du manque de sommeil, les enfants et certains adultes peuvent être très somnolents, irritables et agressifs pendant la journée.

Le SJSR commence lentement d'habitude. Au fil du temps, les jambes deviennent plus touchées. Moins fréquemment, ce syndrome peut affecter les bras.


> Diagnostic

Les experts estiment que 4 critères doivent être remplis pour le diagnostic du SJSR chez une personne (adulte ou enfant) :
  • Une forte envie de bouger les jambes. Cette envie se produit souvent, mais pas toujours, avec des sensations désagréables dans les jambes. Lorsque le trouble est sévère, vous pourriez aussi avoir envie de bouger vos bras,
  • Les symptômes commencent ou s'aggravent quand vous êtes inactifs. L'envie de bouger augmente quand vous êtes toujours assis ou couchés et en situation de repos,
  • Le patient est soulagé quand il se déplace. Les mouvements, en particulier la marche à pied, aide à soulager les sensations désagréables,
  • Les symptômes commencent ou s'aggravent le soir ou la nuit.

Attention, certaines maladies peuvent présenter des symptômes similaires au SJSR : la maladie de Parkinson, la fibromyalgie, les maladies musculaires, les maladies articulaires, les problèmes nerveux (comme la neuropathie périphérique causée par le diabète), les difficultés circulatoires.

Chez les enfants, ce syndrome est souvent diagnostiqué à tort comme les "douleurs de croissance".


> Traitement

Le SJSR se traite d'abord en dirigeant vers une maladie sous-jacente, si elle est connue. Par exemple :

> Médicaments utilisés pour traiter ce syndrome
  • Suppléments naturels (comme le fer),
  • Carbidopa-lévodopa (Sinemet),
  • Opiacés (comme l'hydrocodone, ou le tramadol pour des symptômes intermittents),
  • Carbamazépine (Tegretol, Tegretol XR, Equetro, Carbatrol),
  • Clonazépam (Rivotril),
  • Diazépam (Valium),
  • Triazolam (Halcion),
  • Témazépam (Restoril),
  • Baclofène (Lioresal),
  • Bromocriptine,
  • Clonidine (Catapres, Catapres-TTS, Jenloga),
  • Gabapentine (Neurontin),
  • Ropinirole (Requip),
  • Pramipexole (Mirapex).


> Remèdes ou traitements alternatifs

D'autres traitements qui ont été utiles à certains patients comprennent :
Malheureusement, certains des médicaments mentionnés précédemment peuvent produire certains effets secondaires, alors les patients sont invités à discuter de toute maladie qui se développe après avoir pris des médicaments pour traiter le syndrome des jambes sans repos avec leur médecin.


> Aliments à manger pour soigner le SJSR

Pour les patients qui souffrent de carences précises en certaines vitamines ou minéraux, manger certains aliments peut aider à réduire les symptômes de cette affection.

1) Les aliments riches en fer
Le corps humain a besoin de fer pour transporter l'oxygène. Une carence en ce minéral interfère avec la livraison de l'oxygène aux cellules dans tout l'organisme, provoquant l'épuisement. L'insuffisance en cet oligo-élément peut également contribuer à l'apparition du SJSR ou aggraver les symptômes. Pour les soulager, les patients devraient consommer des aliments à haute teneur en fer.

Les meilleures sources alimentaires de ce micronutriment comprennent les produits d'origine animale comme les viandes rouges, les poissons et les volailles. Ces aliments contiennent du fer hémique, dérivé de l'hémoglobine, à partir duquel le corps peut absorber 15 à 35% du fer. Les sources les plus riches de fer incluent le foie de poulet, le bœuf, les palourdes, les huîtres et la viande brune de dinde. Les aliments d'origine végétale, tels que les haricots secs, les lentilles, les épinards et les raisins secs contiennent du fer non hémique, dont le corps absorbe seulement 2 à 20%.

2) Les aliments riches en folate
Aussi appelé vitamine B9, il s'agit de la version synthétique de l'acide folique. Ce micro-nutriment est essentiel dans la production et la conservation des nouvelles cellules. L'organisme a besoin de folate pour produire les globules rouges et prévenir l'anémie.

Les patients qui manquent de vitamine B9 pourraient connaître des symptômes de syndrome des jambes sans repos. Afin de soulager ces symptômes, les patients peuvent manger des aliments à haute teneur en folate ou enrichis en acide folique. De nombreux types d'aliments contiennent de l'acide folique à l'état naturel, y compris des légumes à feuilles vertes comme les épinards, mais aussi les agrumes, les jus de fruits et les haricots secs (comme le niébé). Des aliments enrichis avec de l'acide folique comprennent la version enrichie des céréales de petit-déjeuner, de pains, de riz et de pâtes.

3) Les aliments riches en magnésium
Ce minéral permet de réguler la tension artérielle et la glycémie, de garder un rythme cardiaque régulier, de garder des os solides, de soutenir un système immunitaire sain et d'entretenir un bon fonctionnement des muscles et de la fonction nerveuse.

Une carence en magnésium peut provoquer des nausées, vomissements, pertes d'appétit et fatigues qui peuvent conduire à des engourdissements et des picotements, avec des contractions musculaires et des crampes. Puisqu'un manque de magnésium peut contribuer aux symptômes du SJSR, manger des aliments à haute teneur en ce minéral peut aider à soulager les symptômes.

Des aliments tels que les épinards, les pommes de terre, les haricots et les pois contiennent tous ce micro-nutriment. Les grains entiers, qui comprennent les produits fabriqués en utilisant toute la graine d'une plante, y compris le son, le germe et l'endosperme, fournissent également du magnésium pour aider à atteindre l'apport quotidien recommandé de 310 mg à 400 mg par jour pour les adultes.


> Aliments à ne pas manger pour éviter cette affection

Certains aliments sont connus pour aggraver les effets du syndrome des jambes sans repos. Si vos symptômes sont devenus plus sévères ou durent plus longtemps que d'habitude, pensez à la quantité d'alcool ou de caféine que vous consommez. A-t-elle augmenté ces derniers temps ? La consommation d'alcool et de la caféine est liée à l'aggravation de symptômes du SJSR chez de nombreuses personnes.

Etant un stimulant, la caféine devrait toujours être évitée avant de vous coucher, car il sera plus difficile de trouver le sommeil. Outre le thé et le café, une quantité élevée de caféine se trouve dans de nombreuses boissons énergétiques et de sodas ainsi que dans le chocolat. Vérifiez également si vous prenez par inadvertance un médicament contenant de la caféine. Les médicaments antidouleur, par exemple, contiennent souvent la caféine comme ingrédient.


> Impact du surpoids ou de l'obésité sur le SJSR

Une étude publiée en avril 2009 dans la revue "Neurology" suggère que le fait d'être en surpoids ou obèse peut augmenter le risque de développer un syndrome des jambes sans repos.

Des études menées dans le passé suggéraient déjà qu'un fonctionnement diminué de la dopamine, un neurotransmetteur dans le cerveau, pourrait être responsable de cette affection. Et comme les personnes obèses observent souvent une diminution du nombre de récepteurs dopamine disponible dans le cerveau, les experts pensent que ces personnes pourraient s'exposer davantage au risque de SJSR.

En utilisant des sujets de deux grandes études, les chercheurs ont examiné la relation entre le fait d'être en surpoids et le risque de SJSR. Ils ont trouvé que 6,4% des femmes et 4,1% des hommes souffraient de cette affection, et la prévalence augmentait progressivement en fonction de l'Indice de Masse Corporelle (IMC) et du tour de taille. Une association similaire entre l'obésité dans les premières années de l'âge adulte et la prévalence de SJSR vers l'âge de 40 ans ou plus suggère que l'obésité peut être un facteur de risque précoce de ce syndrome.

Ces conclusions pourraient représenter les données supplémentaires suggérant l'importance de conserver un poids normal et de bien dormir puisque cela peut produire des impacts inattendus sur notre santé.


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