Flore intestinale et obésité : quels liens ?

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 14/06/2010

Diverses maladies peuvent démarrer de la flore intestinale. Est-ce que les bactéries du côlon peuvent provoquer l'obésité ?

La flore intestinale est constituée par tous les micro-organismes trouvables dans un tube digestif. Diverses études ont tenté de savoir s'il existe des liens entre les bactéries intestinales et l'obésité. Nous allons parler d'une nouvelle étude américaine qui va dans ce sens dans cet article.

Comment une alimentation riche en sucres et en matières grasses (biscuits, gâteaux, pains, etc.) vous donne-t-elle un gros ventre ou vous fait-elle prendre du poids précisément ? Si votre colonie habituelle de bactéries se modifie en raison de votre alimentation riche en sucres et matières grasses, vous allez probablement prendre des kilos.

Ou du moins ce scénario s'est produit chez des souris dans une nouvelle étude menée sur l'impact de l'alimentation sur les changements rapides des bactéries intestinales affectant la prise de poids. D'un autre côté, sachez que vous possédez soit les gènes qui concentrent la formation de graisse autour de vos hanches, soit les gènes qui concentrent la graisse au niveau de votre ventre.

Les bactéries actuellement nommées bactéries de la flore intestinale (ou bactéries intestinales) pourraient représenter un facteur de surcharge pondérale excessive. Des scientifiques ont testé cette hypothèse sur des souris en insérant des bactéries humaines dans leurs intestins.

Quand les scientifiques fournissaient aux souris une alimentation riche en sucres et en matières grasses, ils observaient un changement immédiat dans leur structure interne. Les souris ont rapidement montré une augmentation de la masse grasse dans leur corps et de la quantité de bactéries liées au développement de l'obésité.

Si les résultats de l'étude peuvent s'appliquer sur des humains, si vous suivez une alimentation riche en matières grasses et en sucres, la composition des bactéries intestinales va se modifier d'une manière qui rendra la prise de poids plus facile. Vous auriez également davantage de difficulté à perdre du poids en adoptant une telle alimentation. Mais cette étude a seulement été menée sur des souris.

Toujours selon l'étude, cela ne prenait que 24 heures aux bactéries de la flore intestinale pour se transformer. Ce changement rapide de ces bactéries en particulier a surpris les chercheurs de l'Université de Washington (Missouri, Etats-Unis), auteurs de l'étude. Les bactéries intestinales joueraient donc un rôle clé dans les mécanismes de prise de poids et perte de poids si les êtres humains réagissaient de la même façon que les souris dans cette étude.

En plus de la présence d'une modification des bactéries de votre flore intestinale, des facteurs génétiques conditionneraient la vitesse avec laquelle vous prenez du poids en suivant une alimentation riche en sucres et en matières grasses. Bien évidemment, vos activités physiques, votre environnement et ce que vous consommez affectent également votre prise de poids ou perte de poids.


L'étude a montré que les bactéries intestinales jouaient un rôle important dans la prise de poids (du moins chez les souris testées), et pourrait donc mener à de nouvelles manières de prévenir d'obésité.

Selon un résumé de l'étude, les chercheurs ont insisté sur le fait que l'alimentation et le statut nutritionnel constituent deux des éléments les plus importants déterminant la santé humaine. La valeur nutritionnelle des aliments est en partie influencée par la population de micro-organismes dans la flore intestinale (microbiotes) d'un individu et de son génome (microbiome).

Dénouer les interrelations entre l'alimentation, la structure et les opérations du microbiote intestinal, les nutriments et la récolte d'énergie est rendu difficile par leurs variations selon l'exposition à des environnements différents, l'écologie microbienne et le génotype des individus.

Pour surmonter ce problème, les scientifiques ont créé un modèle animal bien défini, représentatif de l'écosystème de la flore intestinale humaine en transplantant des populations microbiennes des matières fécales fraîches et glacées d'un être humain adulte dans des souris sans germes.

L'analyse métagénomique indépendante du type de culture des schémas temporels, spatiaux et intergénérationnels de la colonisation bactérienne a montré que les souris humanisées étaient colonisées de façon stable et héritable. Elles reproduisaient toute la diversité du microbiote du donneur.

Passer d'une alimentation pauvre en matières grasses et riche en polysaccharides végétaux à une alimentation riche en matières grasses et en sucres (reflétant un régime typique occidental) a changé la structure du microbiote en un seul jour. Cela a également modifié la représentation des chemins métaboliques dans le microbiome et altéré l'expression des gènes du microbiome.

Les transplantations réciproques impliquant diverses combinaisons des alimentations du donneur et du receveur a révélé que l'histoire d'une colonisation influence la structure initiale de la population microbienne, mais que ces effets peuvent rapidement être modifiés par l'alimentation.

Les souris humanisées auxquelles les scientifiques ont donné une alimentation typiquement occidentale ont vu leur adiposité croître. Ce trait peut se transmettre par transplantation du microbiote. Les souris humanisées gnotobiotiques seront utiles pour conduire des tests cliniques visant à prouver les effets de l'environnement et des facteurs génétiques sur le microbiote intestinal et la physiologie de l'hôte.

L'idée directrice de cette étude est qu'une mauvaise alimentation peut altérer les bactéries intestinales et ainsi encourager la prise de poids, mais les facteurs génétiques rentrent également en jeu, ainsi que les activités physiques. Là où le sel n'affecte que les souris sensibles au sel, le sucre augmente lui la tension artérielle et facilite la prise de poids de toutes les souris. Une alimentation comprenant des matières grasses ne montre des intérêts que si vos gènes ne les éliminent pas en partie.

Pour conclure, adopter une alimentation pauvre en sucre est bon pour votre santé dans presque tous les cas. Mais si vous présentez un syndrome métabolique (mauvais métabolisme corporel), vous aurez peut-être besoin de certaines quantités de certains types de matières grasses.

Il vous faut donc parler avec un professionnel de la santé pour vous aider à aligner votre alimentation avec les besoins spécifiques de votre corps. Certaines personnes ont besoin de certains types de matières grasses plus que d'autres. En ce qui concerne le sucre, vous en trouverez en quantité suffisante dans les fruits frais.


Mise à jour (06/09/2013) : selon 2 études internationales menées par l’INRA, l’INSERM et l’UPMC et publiées en septembre 2013, plus la flore intestinale d'un individu est riche (diverse et abondante en bactéries appelées microbiotes) moins il a de risque de développer une obésité.

Une étude réalisée par le consortium français MicroObes montre quant à elle que pour améliorer la richesse de la flore intestinale, il suffit qu'une personne obèse adopte un régime hypocalorique (elle consomme moins de calories que ses besoins quotidiens) pendant 6 semaines avant de suivre une alimentation stabilisante pendant 6 autres semaines.


Et vous, quelle importance accordez-vous à votre flore intestinale ? Que pensez-vous de ces liens entre bactéries intestinales et obésité ? Lisez les commentaires ou donnez votre avis plus bas sur cette page. Si vous avez aimé cet article, merci de le recommander sur Facebook, de le tweeter, de lui donner un vote +1 sur Google Plus.

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