Vous voulez perdre du poids ? Ne comptez pas sur les pilules

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 01/02/2009

Les pilules anti-obésité pourraient assister un régime accompagné d'excercices réguliers. Mais ne comptez pas sur elles seules pour perdre du poids.

Les utilisateurs de Alli, le premier médicament anti-obésité à être vendu sans prescription aux Etats-Unis puis dans l'Union Européenne, sont en train de découvrir ce qu'ils soupçonnent depuis longtemps : les pilules ne sont pas un substitut magique aux régimes et exercices physiques réguliers.

Pourtant, alors que les américains comme les européens s'engagent dans la résolution traditionnelle post Nouvel An à se défaire de leurs kilogrammes superflus, le marché pour les aides aux régimes devrait rester grand, même si l'économie est engluée dans la récession.

A eux seuls, les américains dépensent 30 milliards de dollars par an en produits et services divers qui leur promettent de faire perdre du poids, et les deux tiers de la population américaine est en surpoids ou obèses (la population des personnes obèses a par ailleurs dépassé en nombre celle des personnes en surpoids aux Etats-Unis).

Alli, médicament anti-obésité, commercialisé par GlaxoSmithKline, est une version légère (2 fois moins de dose, soit 60 milligrammes au lieu de 120 milligrammes) de Xenical qui est un médicament en vente uniquement sur prescription par l'entreprise Roche. Alli a créé un émoi important quand il a été approuvé pour la vente libre il y a 18 mois aux Etats-Unis par la FDA et il y a 1 semaine par la Commission Européenne.

Depuis lors, Alli est devenu connu pour ses effets secondaires désagréables, notamment l'incontinence, la diarrhée et la flatulence avec des "tâches d'huile" (GlaxoSmithKline conseille d'ailleurs de porter un patalon noir au début du traitement, et d'emporter un pantalon de rechange pendant cette période partout avec vous).

Alli fonctionne en inhibant l'absorption des graisses de notre alimentation. Par conséquent, les graisses sortent dans les selles, ce qui provoque la diarrhée, ce que les patients n'aiment pas beaucoup. Pour en savoir plus sur les risques causés par Alli et les précautions d'usage, cliquez ici.

Parce que les effets secondaires sont provoqués par le fait de manger trop de graisses, certaines personnes pourraient être tentées d'utiliser Alli pour se motiver à modifier leur comportement alimentaire (en pensant "si je mange trop gras, je vais avoir des problèmes, si je prends Alli, je me donne une punition pour avoir mangé trop gras").

Les pharmaciens français craignent que la plupart des gens qui veulent acheter Alli sont à la recherche d'un raccourci au lieu d'essayer de manger mieux et de faire des exercices physiques. Beaucoup pensent ne vendre Alli qu'aux personnes en surpoids avec un IMC supérieur à 28 (l'IMC ou Indice de Masse Corporelle se calcule ici), et non pas à toute personne qui demande ce médicament. Certains pharmaciens veulent même calculer l'IMC d'un acheteur potentiel de Alli avant de lui vendre le médicament.


Donald Hensrud, un spécialiste de la gestion du poids à la clinique Mayo (Etats-Unis), trouvent que les effets secondaires gastro-intestinaux causés par Alli sont exagérés. Mais, a-t-il ajouté, l'effet est aussi surestimé."

"Les gens qui ont pris Alli ont perdu 1,8 kilogrammes de plus que le groupe qui a pris un placebo après un an. Les gens doivent se demander si les frais de ce médicament se justifient pour 2 kilogrammes. Alors qu'un régime ou une alimentation équilibrée accompagnés d'exercices physiques devrait produire au moins une perte de poids similaire." dit Hensrud.

Un traitement de 30 jours de Alli coûts 60 $ aux Etats-Unis. 50 jours de traitement de Alli coûtent environ 70 euros (prix indicatif, variable en fonction des vendeurs) en France.

Les personnes qui ont pris Xenical, la version à 120 milligrammes exigeant une prescription, ont perdu en moyenne entre 2,2 et 3,2 kg de plus, après une année de traitement, que les personnes qui ont pris un placebo.

Pourtant, les experts nous disent qu'une perte de poids de 5 à 10% reste un objectif louable et cela peut commencer à faire améliorer la santé d'une personne. Le problème, c'est que pour faire perdre 5% du poids d'une personne en surpoids ou obèse, il faut que Alli fasse perdre par exemple au moins 6 kilogrammes à une personne de 120 kilogrammes. En réalité, les patients trouvent que Alli ne peut pas leur faire perdre autant de kilogrammes.

Pendant ce temps, Alastair Wood, qui a présidé la FDA, le groupe consultatif américain qui a examiné avant d'autoriser Alli en 2006, dit qu'il n'est pas convaincu que Alli est utilisé par les personnes qui en ont le plus besoin. Dans certains cas, Alli est pris de manière abusive par des personnes qui ont des troubles de l'alimentation, a-t-il dit.

"C'est une juxtaposition d'une épidémie de l'obésité avec l'espoir et l'attente que nous pouvons la guérir par des moyens pharmaceutiques", a déclaré Wood.

GlaxoSmithKline souligne que Alli n'est pas une "pilule miracle" et que les patients doivent s'en tenir à une alimentation à faible teneur en calories et en matières grasses, ainsi que de s'engager dans des exercices physiques réguliers.

Roger Scarlett-Smith, président de l'entreprise de l'Union des Consommateurs en soins de santé en Amérique du Nord, a déclaré que 5 millions de personnes ont essayé Alli jusqu'à présent et il s'attend à ce que ce nombre augmente au cours du premier trimestre 2009, une période où la demande pour les produits de perte de poids est très forte habituellement.

Pour revoir l'article sur l'autorisation de Alli en vente libre dans l'Union Européenne, cliquez ici.


L'histoire des médicaments visant à faire perdre du poids a été lourde de déceptions.

Une des plus grandes déceptions est Fen-phen, un cocktail de fenfluramine et de phentermine, qui a été retiré du marché en 1997 après avoir été lié à la maladie valvulaire.

Toujours en 1997, la FDA a approuvé Meridia, un médicament vendu par Abbott Laboratories, qui contient de la sibutramine, une substance qui bloque dans le cerveau des produits chimiques impliqués dans la régulation de l'appétit. Il s'avère par la suite que Meridia provoquait l'hypertension.

Sanofi-Aventis vendait Acomplia (jusqu'au 23/10, date à laquelle l'entreprise a suspendue sa commercialisation), ou rimonabant, en Europe, mais pas aux États-Unis. La FDA avait rejeté Acomplia en 2007 à cause des troubles neurologiques et psychiatriques qu'il peut provoquer.

Il existe peu de traitements prometteurs dans ce marché des médicaments anti-obésité, à un moment où l'obésité est en train d'émerger comme l'une des plus grandes crises de santé dans le monde développé. Il existe bien la tesofensine à venir (la tesofensine reste en cours de test en ce début de 2009, l'entreprise qui la fabrique devrait la commercialiser courant 2009), mais on ne connaît pas non plus ses effets secondaires, il faut attendre la sortie de la tesofensine pour les connaître.

Plus tôt ce mois-ci, l'entreprise Orexigen Therapeutics a dévoilé les résultats d'une dernière phase de test de son médicament expérimental Contrave, qui avait raté de peu la barre fixée par les régulateurs des États-Unis (de la FDA).

Un autre médicament candidat est lorcaserin de l'entreprise Arena Pharmaceuticals. A mi-parcours de développement, lorcaserin s'est montré en réussite dans sa fonction à aider les patients à perdre du poids. Les résultats des derniers tests sont attendus pour mars 2009.


Pfizer, l'un des nombreux fabricants de médicaments à avoir abandonné le développement d'un médicament de perte de poids, parce que son médicament en développement causait des effets secondaires psychiatriques, a déclaré qu'il continue à poursuivre la recherche et le développement des traitements contre l'obésité.

"Certains des produits en dernière phase de test... pas seulement les produits en développement de Pfizer, mais également plusieurs autres médicaments d'autres entreprises pharmaceutiques, n'ont pas été couronnés de succès", a déclaré Jeff Kindler, président exécutif de Pfizer, en novembre 2008.

"Ces médicaments impliquent énormément d'aspects différents. Il ne s'agit pas seulement des problèmes purement biologiques et/ou potentiellement héréditaires, mais aussi des problèmes culturels et comportementaux. D'un point de vue médical, il s'agit d'une noix très dure à casser.", poursuit-il.

Le groupe Merck & Co dit qu'il avait également mis trop de ressources importantes dans la lutte contre l'obésité avant d'arrêter le développement d'un médicament qui marche sur la même partie du cerveau que celle qui donne la faim aux gens après avoir fumé de marijuana.

De nouveaux traitements sont loins de la commercialisation. Entre temps, les consommateurs risquent de continuer à acheter ce qui existe. Et Alli est bel et bien l'un des médicaments existants à être facilement accessibles.

"Je pense que Alli sera sans doute présent très longtemps sur le marché dans l'avenir. Il s'agit d'un médicament plus intelligent et efficace d'un point de vue marketing que d'un point de vue efficacité clinique", dit Mayo Hensrud. "Il s'agit d'une industrie de plusieurs milliards de dollars."

Evidemment, les frais de marketing de plusieurs centaines millions de dollars peuvent ne pas signifier un grand risque pour un grand groupe pharmaceutique lorsqu'il s'agit d'un marché aussi vaste.


Que pensez-vous de cette actualité ? Lisez les commentaires ou donnez votre avis plus bas sur cette page. Si vous avez aimé cet article, merci de le recommander sur Facebook, de le tweeter, de lui donner un vote +1 sur Google Plus.

> COMMENTAIRES / TÉMOIGNAGES (cliquez ici pour rédiger votre commentaire)
tigross  |  16 juillet 2010, 09:41
la phase final c'est celle qui consiste a l'essayer sur l'animal pas sur l'homme, a partir de ce test final il y a commercialisation si les effet se rével positif, mais pourquoi l'animal? il utilise l'animal qui a un caractère génétique semblable a l'homme.
voilà, grrrrrrrrr patience!!!!! je commence mon régime sans tesofensine!! allé hop!
laurence  |  19 novembre 2009, 16:37
tésofensine paraitrai il est en face finale quand sera t'il commercialiser

merci
Champs obligatoires : "Nom" et "Texte"
* Nom / Pseudo :
Adresse e-mail :
Cacher l'adresse e-mail (décochez si vous souhaitez qu'on puisse vous répondre)

* Texte :

> Articles en rapport

Recevez gratuitement notre newsletter :