Obésité et tabagisme font baisser l'espérance de vie

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 22/05/2008

L'espérance de vie de beaucoup d'Américaines vivant dans des zones pauvres et rurales a baissé, surtout à cause de l'obésité et du tabac.

Presque 20% des femmes vivant aux Etats-Unis ont vu leur espérance de vie baisser ou stagner depuis les années 1980, montrent ces travaux conduits par les universités Harvard et de Washington (Etats-Unis) et portant sur des données de 2 000 comtés à travers le pays, entre 1959 à 2001.

Dans environ 1 000 de ces comtés - la plupart pauvres et ruraux - l'espérance de vie des femmes a significativement baissé dans les années 1980 "principalement en raison des maladies chroniques liées au tabagisme, au surpoids et à l'obésité et à une tension artérielle élevée".

A l'inverse, dans l'ensemble des Etats-Unis, l'espérance de vie des femmes a augmenté de plus de six ans, et de plus de sept ans pour les hommes au cours de la même période, notent les auteurs.

Les régions les plus affectées par cette baisse de l'espérance de vie sont le Sud des Etats-Unis, les Appalaches, la zone sud du Midwest (centre) et une partie du Texas. Cela correspond aussi aux zones les plus pauvres, selon le rapport du bureau du recensement des États-Unis de l'an dernier.

Les hommes de ces zones rurales pauvres ont également vu leur espérance de vie baisser, mais dans des proportions moindres (4%) que les femmes et pour des raisons différentes (sida et meurtres).

"Une baisse de l'espérance de vie est quelque chose qui est traditionnellement considérée comme un signe de faillite des sytèmes de santé et sociaux, comme cela a été le cas dans certaines parties de l'Afrique et de l'Europe de l'Est", souligne l'un des co-auteurs de l'étude, Christopher Murray, de l'Université de Washington.

"Le fait que cela arrive à un grand nombre d'Américains devrait être un signal d'alerte appelant à repenser sérieusement le système de santé de ce pays", a-t-il ajouté.



Une autre étude menée par des chercheurs de l'Université de Harvard et de l'Université de Michigan, publiée dans la revue "New England Journal of Medicine" fin novembre 2009, a trouvé que si les tendances d'expansion de l'obésité continuent, l'effet négatif sur la santé de la population américaine supplantera les bienfaits obtenus par le déclin du tabagisme.

"Dans les 15 dernières années, le taux de tabagisme a baissé de 20%, mais le taux d'obésité a augmenté de 48%", dit Susan T. Stewart, doctorante et responsable de l'étude. "Si les tendances du passé continuent, presque la moitié de la population des Etats-Unis - 45% plus exactement - risque d'être obèse d'ici 2020".

En utilisant une technique d'analyse qui inclut des prévisions de tendances à venir, les chercheurs ont trouvé que malgré la baisse du tabagisme, l'espérance de vie d'un jeune adulte de 18 ans serait retenue à la baisse de 0,71 année en 2020, à cause d'un Indice de Masse Corporelle (IMC) accru dans la population générale. Les chercheurs ont aussi analysé la qualité de vie. Cette même personne de 18 ans pourrait s'attendre à abandonner 0,91 année d'espérance de vie ajustée à une qualité de vie supérieure.

Si tous les adultes américains devenaient non-fumeurs et ont un poids corporel normal en 2020, leur espérance de vie augmenterait de 3,76 années, soit de 5,16 années ajustées à la qualité de vie.

Cependant, les chercheurs disent que les résultats de leur étude n'impliquent pas que l'espérance de vie chutera. Plus vraisemblablement, elle continuera à accroître grâce à d'autres facteurs, mais moins vite que normalement (car freinée par l'obésité et le tabagisme).



Un autre rapport scientifique publié par l'Académie Nationale des Sciences (des Etats-Unis) en janvier 2011 a conclut que la longévité n'augmente pas aussi vite aux Etats-Unis que dans d'autres pays développés, essentiellement à cause du tabagisme et de l'obésité.

Pendant 25 ans, l'espérance de vie à l'âge de 50 ans a augmenté continuellement aux Etats-Unis, mais plus lentement que dans la plupart des 21 autres pays développés étudiés (y compris le Japon et l'Australie).

Puisque les Etats-Unis dépensent davantage en frais santé que n'importe quel autre pays, ce rythme ralenti est frappant, dit le co-auteur du rapport Samuel H. Preston (professeur de démographie à l'Université de Pennsylvanie à Philadelphie, Etats-Unis). Les résultats sont "surprenants en termes de la conception que nous nous faisons", ajoute-t-il.

"Nous avons déterminé que la plus probable cause de ce ralentissement est due au tabagisme, particulièrement de la grande quantité de cigarettes fumées par les femmes américaines", dit-il.

"L'obésité semble aussi être une cause importante, mais nous sommes moins certains de son rôle. Nous sommes le pays le plus lourd du monde occidental".

Pour les femmes américaines, l'espérance de vie à l'âge de 50 ans est de 33,1 années, tandis qu'elle est de 35,5 en moyenne pour les femmes vivant au Japon, en Australie, en Suède et en Suisse. "Et nous avons quelques années de retard derrière la France, l'Italie et l'Espagne. Les hommes américains ne sont pas si loin derrière en revanche, peut-être seulement de 1 à 1,5 année derrière les meilleurs pays", précise-t-il.

Il y a 50 ans, davantage d'Américains fumaient que les Européens et les Japonais, et cette différence affecte encore de nos jours l'espérance de vie américaine. Un effet similaire dû aux cigarettes est observé dans les durées de vie réduites au Danemark et en Hollande, selon le rapport.

Les effets du tabagisme sur le taux de mortalité prennent jusqu'à 30 ans pour être observés, alors l'espérance de vie des mâles américains augmentera probablement dans les décennies à venir parce que moins d'hommes fumaient sur les 20 dernières années, dit le rapport.

Chez les femmes américaines, dont les habitudes de fumer ont augmenté en fréquence plus tard que chez les hommes, les croissances de durée de vie se ralentiront probablement pendant la décennie suivante.

Bien que la contribution exacte de l'obésité au raccourcissement de la durée de vie ne soit pas connue, cette maladie pourrait être responsable de 20% à 33% de l'écart de durée de vie entre les Etats-Unis et les autres pays, selon le rapport.

De plus, l'épidémie d'obésité pourrait saccager l'effort de fumer moins (afin de vivre plus longtemps). Cependant, des données récentes ont trouvé que l'épidémie d'obésité se nivelle et que le risque de décès associé à l'obésité pourrait être en déclin, disent les auteurs du rapport.

"Il est clair que nos modèles comportementaux ne sont pas ceux qui mèneraient à une santé optimale", dit Preston. "Il s'agit partiellement d'un reflet des décisions personnelles. Cela reflète probablement le fait que nous ne faisons pas du bon travail en médecine préventive", dit-il.

Bien que le manque d'accès aux soins sanitaires affecte également la durée de vie, il s'agit moins d'un facteur parce que ceux qui ont plus de 65 ans ont un accès aux soins de santé.

Chez les américains âgés, le cancer et les maladies cardio-vasculaires restent les principales causes de décès, et le diagnostic et le taux de survie suite à ces maladies semblent meilleurs aux Etats-Unis que dans la plupart d'autres pays industriels, dit le rapport.

Le traitement hormonal substitutif (substitution d'hormone) ne semblait pas influencer la longévité des femmes, ni les liens sociaux semblaient produire un impact sur la durée de vie, disent les auteurs.

Toutefois, d'autres scientifiques suggèrent que vues les lacunes en matière de recherche, il est difficile de tirer des conclusions hâtives sur la façon dont des facteurs comme l'alimentation, l'inactivité physique et l'intégration sociale affectent la longévité. Ils pensent que les insuffisances révélées dans ce rapport sont révélateurs d'un problème beaucoup plus profond que les comportements personnels comme la suralimentation et le tabagisme.


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Alexandra  |  28 mai 2008, 01:55
Tant mieux, qu'elles crèvent ces grosses Américaines !
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