Le bébé peut être touché par l'obésité dès le biberon

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 20/05/2008

Le contact du bébé avec des produits chimiques utilisés pour fabriquer des biberons ou emballages en plastique hausse le risque d'obésité.

Les femmes enceintes qui consomment des nourritures ayant été emballées dans du plastique pourraient rendre leurs bébés obèses une fois devenus adultes, selon les conclusions de 3 nouvelles études menées sur des souris.

Les auteurs de ces études ont constaté que les animaux exposés à certains produits chimiques (employés dans la fabrication des biberons en plastique et d'emballages alimentaires plastifiés) durant leur plus jeune âge avaient tendance à devenir plus gros que les autres une fois devenus adultes.

Selon les scientifiques, les produits chimiques présents dans les emballages alimentaires et dans les biberons en plastique pourraient interférer avec les hormones du corps qui régulent le niveau de graisse et qui aident à prévenir l'obésité.

Les disrupteurs endocriniens, trouvés dans tous ces produits en plastique, ont déjà été associés à un risque de cancer accru, une fertilité réduite. Les perturbateurs endocriniens font l'objet d'une interdiction aux Etats-Unis et au Canada, mais seulement quelques perturbateurs ont été interdits en France et depuis peu de temps.

Les experts pensent que les nouvelles études expliqueraient le boom inexpliqué de l'obésité infantile même chez certains enfants qui adoptent une alimentation équilibrée et qui font assez d'activités physiques quotidiennement.

Les données des études ont été révélées cette semaine par les chercheurs au Congrès Européen sur l'Obésité (Genève, Suisse). Bien que ces études soient réalisées sur des souris de laboratoire, elles suggèrent que le même effet se produit chez les humains.


"Ces conclusions pourraient changer la vision de l'obésité et les moyens d'y remédier", a estimé Jerry Heindel, chercheur doctorant de l'Institut National des Sciences Environnementales associées à la Santé (Etats-Unis), qui ne faisait pas partie des équipes de chercheurs des études mentionnées ici.

"Si ces résultats sont vérifiés aussi pour l'être humain, la perspective ne doit plus être de perdre du poids à l'âge adulte, mais de prévenir la prise de poids en évitant un contact avec de telles substances", a-t-il observé.

"La prédisposition à souffrir de l'obésité se développe dès le ventre de la mère ou dans les premières années de vie. L'exposition à une variété de produits chimiques couramment utilisés dans le foyer peut, probablement en parallèle de la nutrition du foetus, jouer un rôle dans la croissance de cette prédisposition", ajoute-t-il.


La première étude, menée par la chercheuse Beverly Rubin de l'université Tufts (Etats-Unis), a montré que des souris femelles dont les mères avaient été en contact avec du bisphenol A (BPA) - un produit chimique fréquemment utilisé dans les récipients en plastique polycarbonate (PC) - prenaient davantage de poids.

Dans le passé, des études ont déjà prouvé que le bisphenol A peut "s'échapper" des récipients et bouteilles en plastique, des emballages plastifiés et de la résine qui tapisse les boîtes de conserve.

Le bisphénol A a été trouvé dans un grand pourcentage de personnes examinées dans les pays développés. A part dans l'urine et le sang, le BPA a été observé dans le liquide amniotique, le placenta, le sang du cordon ombilical et le lait maternel.

Des expériences menées en laboratoire ont montré que le bisphénol A peut augmenter la production de cellules graisseuses. Une étude a notamment montré que les souris femelles dont les mères étaient exposées au BPA tôt pendant la grossesse jusqu'au seizième jour de lactation montraient un poids supérieur à l'âge adulte.

La consommation alimentaire et les niveaux d'activité physique n'étaient pas différents entre les souris qui étaient devenues grosses et celles qui ont gardé un poids normal.

L'étude a également constaté des perturbations dans la sensibilité à l'insuline, dans l'équilibre du glucose, et dans les niveaux de leptine (une hormine en charge de la régulation du poids).

"Cette étude indique que l'exposition in utero à ce produit chimique avant et juste après la naissance peut exercer une influence durable sur la régulation du poids corporel", dit la chercheuse Rubin.


Une autre étude, menée par l'Agence de Protection de l'Environnement des Etats-Unis, a démontré que les souris en contact avec l'acide perfluorooctanoïque, utilisé dans du plastique alimentaire, avaient des bébés plus petits à la naissance, mais en surpoids à l'âge adulte.

Dans le cadre de cette étude, un agent sulfurisé, utilisé dans énormément de produits (sacs pour contenir du popcorn à chauffer au micro-onde, fond en plastique pour les boîtes de pizza, de multiples autres récipients alimentaires), a été donné à des souris enceintes.

Les bébés de ces souris exposées étaient étrangement petits à la naissance, avant de devenir en surpoids à l'âge adulte.

En revanche, les bébés souris dont les mères n'étaient pas exposées à ce produit chimique pendant la grossesse avaient un modèle de croissance normal, tout comme les souris qui étaient exposées seulement à l'âge adulte.

"Ce que nous devons faire maintenant est de trouver le mécanisme d'action de cette substance chimique afin de déterminer s'il y a un risque équivalent pour la santé de la population humaine", déclare l'équipe de chercheurs responsables de l'étude.


Une troisième étude a trouvé que lorsque les scientifiques ont traité des souris en gestation avec le produit chimique "tributyline" (TBT), à une dose comparable à celle observée chez les humains, un programme génétique était démarré dans la descendance, qui les programme à devenir en surpoids plus tard dans la vie.

La tributyline est utilisée dans les peintures pour bateaux, dans les enveloppes plastiques pour aliments et comme fongicide sur les cultures agricoles. Il a été démontré que la tributyline s'infiltre dans la nourriture.

"L'exposition in utero est plus grave que l'exposition à l'âge adulte parce que les données que nous disposons sur d'autres expositions similaires suggèrent que la reprogrammation génétique menant à l'obésité est irréversible", a déclaré le chercheur Philip Blumberg.

"Que l'effet sur les animaux soit le même ou pas sur les humains dépendra du niveau de présence de ce produit chimique au sein de la population humaine. Davantage de recherche est nécessaire pour déterminer l'ampleur du risque", précise-t-il.


La planète devrait compter plus de 700 millions d'obèses d'ici à 2015, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).


Que pensez-vous de ces études ? Allez-vous prendre des précautions particulières à l'avenir quand vous donnez le biberon à votre bébé ? Lisez les commentaires ou donnez votre avis plus bas sur cette page. Si vous avez aimé cet article, merci de le recommander sur Facebook, de le tweeter, de lui donner un vote +1 sur Google Plus.

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