De régimes en diètes et d'abandons en abdications

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 30/08/2014

Julie, écrivaine de 33 ans, nous raconte son parcours de personne obèse avec ses difficultés et son aspiration à un avenir meilleur.

Je suis née normale, par normale j'entends d'un poids classique. Enfant normale, adolescente normale.

Et puis après le bac, j'ai commencé un BTS en alternance. Ma grande sœur a quitté la maison familiale. J'ai ressenti un vide immense. Elle avait été pour moi une 2ème maman. Elle avait veillé sur moi depuis toujours. Et tout à coup, elle n'était plus là.

Et j'ai commencé à manger différemment. Le coca et les gâteaux dans la chambre à côté du fauteuil face à la télé. L'hamburger pris en sortant du travail les jours de boulot. Les barres de snickers achetées sur le quai de la gare les jours d'école.

Et puis j'ai commencé à sortir avec un garçon, un garçon un peu particulier, puisqu'il est devenu 3 ans plus tard mon mari. J'avais 20 ans et lui 24. Quatre ans de différence, ça n'a l'air de rien, sauf qu'en fait, si justement.

D'adolescente introvertie, je passais au statut de vie de couple où on sort au restaurant, très (trop) souvent. Petit déjeuner pains au chocolat au lit avec une rose rouge. Un camembert mangé en 2 repas à 2 personnes. Des vacances en amoureux remplies de gourmandises, des sorties au cinéma avec le paquet de M&M'S.

Une vie superbe avec un homme merveilleux qui avait le sens du profit de la vie. Il la vivait à fond et me la faisait vivre à fond. J'ai découvert avec lui ce que je ne connaissais pas, ce que je ne soupçonnais pas : le plaisir de vivre.

Et puis il m'a demandé d'aménager avec lui. Au Bonheur merveilleux de vivre avec l'Homme qu'on aime. Plaisir de devenir femme d'intérieur, la cuisine, le ménage, tout cela était nouveau pour moi. Et j'ai aimé cela. J'ai aimé tous ces moments passés ensemble, tous ces fous rires, toutes ces découvertes.

Ce qu'il y a de bien quand quelqu'un prend soin de nous, c'est que nous aussi on a envie de prendre soin de nous. Alors à force d'entendre les médecins, gynécologues, infirmières dire que j'avais trop de tension, je suis allée voir un cardiologue. Il m'a fait des examens complets, et a conclu à une hypertrophie et une hypertension. Il m'a donné le traitement sectral 200. J'ai pris alors 15 kg. Personne ne s'est alerté de ma prise de poids puisqu'après tout, je mangeais différemment depuis que j'étais en couple.

Le cardiologue a fait d'autres examens pour voir si le traitement suffisait. Il a alors augmenté la dose en me passant à sectral 400. J'ai alors pris 20 kg supplémentaires. Enceinte de mon fils, on a arrêté sectral pour me donner aldomet. Dix kg pris pendant la grossesse, 14 kg perdus 2 semaines après la naissance. Je suis restée 6 mois stable, sans grossir ni maigrir.

L'allaitement prenant fin, j'ai arrêté aldomet et repris sectral. En moins de 2 mois je pris 8 kg. Et c'est là qu'avec mon mari, nous avons fait le lien entre sectral et prise de poids. J'ai immédiatement revu mon cardiologue en lui disant que je souhaitais arrêter immédiatement cette cochonnerie. Il me dit que d'autres personnes avaient grossi avec sectral mais qu'elles l'avaient arrêté en voyant leur prise de poids, que c'est dommage que je ne m'en sois pas aperçue avant.

Il m'a remise sous aldomet quelques temps, puis il a fallu arrêter car pris trop longtemps, ce traitement devient très dangereux. Il m'a mise sous vérapamil.

Depuis je ne prends plus de poids, c'est déjà ça, mais je n'arrive pas à maigrir. De régimes en régimes, d'abandons en abandons. On ne peut pas passer sa vie au régime, et pourtant...

Le plus dur quand on fait un régime, c'est de faire plein d'efforts, beaucoup d'efforts, de perdre quelques kg et puis... plus rien ! Comme si le corps refusait de maigrir. Mais pourquoi ?

C'est une question à laquelle je n'ai pas encore trouvé réponse. Et alors le pire, quand on abandonne un régime, parce que non vraiment là c'est trop, tous ces efforts pour rien, le pire à ce moment-là, c'est les gens qui vous disent que c'est une question de volonté, que c'est mathématique, si tu diminues les calories, tu perdras du poids, regarde moi, j'ai fait un régime et hop j'ai perdu mes 3 kg de trop. Oui mais non, ce n'est pas aussi simple. D'ailleurs si ça l'était, ça se saurait. Et le monde serait peuplé de gens merveilleusement minces.

La vraie vie, je vais vous la dire. Certains mangent ce qu'ils veulent et restent minces, qu'ils ne se rassurent pas pour autant, un jour ou l'autre, cholestérol, diabète et artères les rattraperont. Pour d'autres, c'est une vie de privation, sans plaisir, sans sourire. Et pour d'autres, c'est une vie de yoyo, je suis au régime, je n'y suis plus, j'y suis à nouveau, allez j'abandonne.

Qu'il est difficile de résister lorsque mon homme, toujours incorrigible gourmand, réclame de petites douceurs. Il n'a pas conscience de ce qu'il mange. Pour lui, rien n'est grave. Autant il veut que je maigrisse, autant il fait tout pour que je grossisse.

Je fais tout pour résister à la tentation, alors il insiste, c'est bon tu peux manger une glace, ça ne te fera pas grossir, c'est rien, c'est juste une glace. C'est bon on n'a pas fait à manger, il est tard, allez on va chercher du McDo. Mais non, les cordons bleus ne sont pas gras, tu te fais des idées.

Parfois je me dis que seule, je maigrirais plus facilement. Oui mais bon, je l'aime et il est le père de mes enfants. Alors je me dis que je dois être plus forte que lui, plus forte que la tentation. Nonnnnnnn je ne veux pas de cette glace, non vraiment elle ne me fait pas envie. Non même s'il est tard, on n'ira pas au McDo, je savais qu'on rentrerait tard, alors j'ai anticipé, j'ai préparé un bon repas qui nous attend dans le frigo. Un cordon bleu, d'accord, mais alors fait maison.

Avec les années, mon appétit a augmenté, beaucoup augmenté. Alors parfois, je mange parce que j'ai faim. Tout le monde a assez mangé, semble-t-il. Pourtant moi j'ai encore faim. Mais pourquoi ?

On dit que l'estomac est un muscle à qui on apprend à grandir ou à se rétracter. Le mien semble bien capricieux. Parfois je mange parce que j'ai faim. Mais parfois, c'est parce que j'ai envie, besoin de manger. Quand j'arrive à m'en empêcher, il m'arrive de constater que non, je n'ai pas faim, non la terre ne s'écroule pas. Mais il y a aussi des moments où je mange parce que je suis en crise. Il faut que je mange, tout de suite, maintenant, sans plus attendre. Il faut se cacher, que personne ne me voit. Et il faut manger, dévorer, vite, tout de suite. Il faut remplir le ventre, à ras bord, combler ce vide qui m'assaille.

Quoi ? Cela n'importe pas. Pourvu que ça bourre bourre bourre. Les conséquences, à cet instant, on n'y pense pas, on n'y pense surtout pas. Il ne faut pas réfléchir, il faut juste se remplir, seule, sans témoin car la honte est là, destructrice. J'aimerais savoir combattre ce mal qui me ronge, savoir trouver d'où il vient, savoir le combattre pour l'anéantir.

Dernièrement j'ai fait de gros progrès. Je ne peux pas encore dire que j'en suis fière car il faut d'abord qu'ils fassent leurs preuves... Mais dernièrement j'ai réussi quelques défis, comme ne pas manger alors que je pense avoir faim, comme ne pas craquer alors que je suis en crise.

Malheureusement, alors que depuis quelques temps je fais des efforts considérables, il m'est encore arrivé très récemment de céder, pas de céder à la tentation, car il ne s'agit ni de faim ni de gourmandise, mais de céder à l'angoisse, de céder au besoin de remplir ce manque affectif par la nourriture. J'aimerais être plus forte, je me bats pour cela chaque jour. Même si la route est longue, je sais que l'important n'est pas le trajet mais seulement la destination.

Je rêve du jour où je serai normale, dans mon corps et dans ma tête. De ce jour où je n'aurai plus besoin de remplir mon corps par de la nourriture. En fait, en nourrissant mon corps, je nourris aussi mon âme. Je lui dis tiens, prends ça, alors tu te sens mieux ? Non pas du tout, mais... Qui est ce double dans ma tête qui force mes mains à nourrir ma bouche ? Qui est-il ? Que lui ai-je fait ? Deux moi se battent à l'intérieur. Laisse la tranquille. Mais non, ce n'est pas grand-chose. Combat d'épée. Tiens, prends ça, allez !

Une femme mince et superbement vêtue est en train de se maquiller


S'il est difficile de résister à la tentation, il est difficile aussi de faire plein de choses anodines quand on est gros. Il est dur de monter les escaliers quand on va chez quelqu'un qui habite à plusieurs étages de hauteur sans ascenseur. Il est dur de monter la dune près de la plage, chargée de seaux, pelles, serviettes, quand on est en vacances au bord de la mer.

Qu'il est dur de faire des ballades à la montagne, ça monte et ça descend, sans arrêt. Le souffle se coupe, la fatigue pointe son nez, mais on ne peut rien lâcher, on ne doit rien lâcher, sinon on sait, on sent, qu'on sera regardé avec mépris. "Oh oui c'est une grosse, c'est pour ça qu'elle n'y arrive pas, elle doit être bien feignasse en plus". Il est dur de se mettre du vernis à ongles aux pieds à cause du ventre qui gêne. Il est dur de jardiner, de trop bouger, tout de suite, la transpiration arrive. Les articulations sont mises à mal, on se blesse durement, fréquemment, parfois sans même avoir compris comment.

Cela fait 11 ans que je suis en surpoids, en obésité comme on dit. Mais jamais je ne baisserai les bras. Ça peut paraître pathétique, après tant d'années... Mais je pense que si on perd l'espoir, alors il ne sert plus à rien de vivre. Depuis ma 1ère grossesse, je n'arrive plus à enfiler mon alliance. J'ai toujours refusé de la faire agrandir, au grand dam de mon mari. Je sais, je veux, il ne peut être possible autrement : un jour, j'arriverai à la mettre, oui un jour elle m'ira de nouveau.

Julie


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> COMMENTAIRES / TÉMOIGNAGES (cliquez ici pour rédiger votre commentaire)
nanny herry  |  25 septembre 2014, 09:06
Bonjour Julie
je te comprends très bien, félicitation pour avoir raconté ton histoire , je te souhaite de tout cœur de réussir à perdre le poids que tu désir !!!!!!
Bon courage
et à bientôt peu être
Stéphanie
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