La mutation génétique MC4R déclenche l'appétit chez les obèses

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 02/08/2014

Une transformation de gène chez certains obèses déclencherait la sensation de plaisir à la vue d'aliments caloriques tel le chocolat.

Certaines personnes présentent une mutation génétique qui semble faire monter en puissance les centres de récompense dans leur cerveau quand elles voient la nourriture, selon une nouvelle étude britannique.


> Stratégies pour prévenir la suralimentation

Une meilleure compréhension de la façon dont cette mutation déclenche des sensations de plaisir et de satisfaction à la vue des aliments riches en calories comme le chocolat pourrait aider à améliorer les stratégies visant à éviter de trop manger, suggèrent les auteurs de l'étude.

Environ un tiers des adultes vivant en Amérique et en Europe sont obèses. L'obésité est généralement causée par une combinaison de la suralimentation, du manque d'activités physiques et de certains composants génétiques.

Un signal de récompense est déclenché dans des zones spécifiques du cerveau qui libèrent la dopamine et des sensations de plaisir quand un aliment très appétissant est consommé. Pour de nombreux individus, cette libération de substances chimiques peut augmenter le risque de suralimentation. Cependant, la science n'est pas encore certaine de la façon dont les centres de récompense du cerveau fonctionnent chez les personnes en surpoids ou obèses.

La cause génétique la plus courante de l'obésité est une altération dans le gène récepteur de la mélanocortine 4 (MC4R), expliquent les chercheurs britanniques. Cette modification est également associée à l'hyperphagie.

Cette mutation de la MC4R survient chez environ 1% de personnes obèses. Elle peut significativement contribuer à la prise de poids à un jeune âge.

Dans le cadre de leur étude, publiée le 30 juillet 2014 dans la revue "Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism" (JCEM), les scientifiques ont comparé huit personnes qui étaient obèses et qui avaient une mutation du gène MC4R, avec 10 personnes qui étaient en surpoids ou obèses mais qui n'avaient pas cette mutation génétique, et à 8 autres personnes qui avaient un poids normal (IMC normal).

En utilisant l'Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), les auteurs de l'étude ont observé comment des images d'aliments appétissants (comme un gâteau au chocolat) ont activé les centres de récompense dans le cerveau des participants. Leur réponse à des photos d'aliments appétissants a ensuite été comparée à l'effet d'images d'aliments fades (comme le riz ou le brocoli) et aux sensations provoquées par la vision d'objets non-alimentaires (comme des agrafeuses).

Un gâteau au chocolat


> Les centres de récompense du cerveau s'allument

Étonnamment, les participants qui avaient le même âge et poids présentaient des réponses différentes aux images d'aliments appétissants, ont constaté les chercheurs.

Les scans du cerveau ont révélé que les personnes obèses porteuses de la mutation génétique et les participants ayant un poids normal avaient une activité accrue similaire dans les centres de récompense de leur cerveau.

Pendant ce temps, les centres de récompense dans le cerveau des personnes obèses ou en surpoids qui n'ont pas la mutation génétique ont été déficients.

"Les centres de récompense du cerveau s'allument lorsque les personnes atteintes de la mutation et celles ayant un poids normal ont visionné des images d'aliments appétissants. Mais les personnes en surpoids et ne possédant pas cette mutation n'avaient pas le même niveau de réponse", dit le chercheur principal, la doctoresse Agatha van der Klaauw, de l'Institut des Sciences Métaboliques à l'hôpital d'Addenbrooke à Cambridge (en Angleterre).

"Pour la première fois, nous voyons que la voie du gène MC4R est impliquée dans la réponse du cerveau aux signaux alimentaires et dans son hypoactivité chez certaines personnes en surpoids. Comprendre cette voie peut aider à développer des interventions afin de limiter la surconsommation d'aliments très agréables au goût mais qui peuvent conduire à une prise de poids", explique la chercheuse.

"Ces résultats sont compatibles avec un rôle pour les circuits mélanocortinergiques centraux dans la réponse neuronale aux signaux alimentaires visuels", a conclu l'équipe de chercheurs.

Pour faire face à l'épidémie d'obésité, l'équipe de Cambridge continue d'étudier les voies dans le cerveau qui coordonnent le besoin de manger ainsi que la récompense et le plaisir de manger.


Référence : http://press.endocrine.org/doi/pdf/10.1210/jc.2014-1651


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