La chirurgie bariatrique : meilleur traitement anti-diabète

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 28/03/2012

La chirurgie bariatrique surpasse de manière spectaculaire le traitement standard contre le diabète de type 2 selon une nouvelle étude.

Dans la première étude publiée de son genre, des chercheurs de la polyclinique universitaire Gemelli (Rome, Italie) et du Collège Médical Weill Cornell de l'hôpital presbytérien de New York (Etats-Unis) ont trouvé que la chirurgie bariatrique (bypass gastrique, anneau gastrique, switch duodénal) surpasse grandement le traitement médical standard du diabète de type 2 sévère.

Ces conclusions étaient publiées le 27 mars 2012 dans la version électronique de la revue "New England Journal Medicine".

Les auteurs de l'étude signalent que la plupart des patients de chirurgie bariatrique ont pu arrêter toute prise de médicaments antidiabétiques, et maintenir la rémission (diminution temporaire) de cette maladie pendant la période de l'étude (soit 2 années). Pendant ce temps là, aucun patient ayant reçu un traitement standard médical contre le diabète n'a pu réaliser la même chose.

"Bien que la chirurgie bariatrique soit initialement conçue comme un traitement anti-obésité, il est désormais clair qu'elle est une excellente approche pour le traitement du diabète et des maladies métaboliques", dit le docteur Francesco Rubino, le principal auteur de l'étude (responsable de la cellule Chirurgie Métabolique Gastrointestinale, directeur du Centre de Chirurgie Métabolique et Diabétique à l'hôpital presbytérien de New-York, professeur agrégé de chirurgie au Collège Médical de Weill Cornell).

Il est particulièrement difficile de traiter les patients obèses qui ont le diabète de type 2, parce que la thérapie à l'insuline et d'autres médicaments hypoglycémiants provoquent souvent une prise de poids supplémentaire. Dans cette étude, la majorité des patients ayant été opérés ont connu une amélioration du taux de sucre sanguin, une diminution du taux de cholestérol total et du taux de triglycérides, et une amélioration des concentrations de cholestérol HDL (le "bon cholestérol"). Cela suggère que la chirurgie bariatrique en tant que traitement du diabète peut réduire le risque cardiovasculaire d'un patient.

"La capacité unique de la chirurgie pour améliorer la glycémie et le taux de cholestérol ainsi que pour aider à perdre du poids fait qu'elle est une approche idéale pour les patients obèses souffrant de diabète de type 2", explique la doctoresse Gertrude Mingrone, chef de la Division de l'Obésité et des Maladies Métaboliques et professeure de médecine à l'Université Catholique de Rome (Italie).

Pour les besoins de l'étude, les chercheurs ont mené un essai contrôlé randomisé sur des patients âgés de 30 à 60 ans.

Cette étude a évalué la rémission du diabète chez 60 patients atteints d'obésité sévère (ceux qui ont un indice de masse corporelle supérieur à 35 et inférieur à 40) et de diabète avancé. Les patients ont été assignés au hasard à 3 groupes :
  • Le groupe A a subi un bypass gastrique de type Roux-en-Y,
  • Le groupe B a subi une dérivation bilio-pancréatique (switch duodénal),
  • Le groupe C a reçu des médicaments conventionnels individualisés, un suivi rigoureux de leur alimentation, et modifié leur style de vie.

Aucun des patients du groupe C (thérapie médicale) n'a pu entrer en rémission depuis le début de l'essai.

A l'inverse, la rémission du diabète s'est produite et a été maintenue chez 95% des patients du groupe B (switch duodénal) et chez 75% du groupe A (bypass).

La rémission est définie par une glycémie à jeun inférieure à 100 mg, ainsi que par un taux d'hémoglobine A1c (HbA1c) de moins de 6,5% pendant au moins 12 mois.

Les auteurs de l'étude ont trouvé que l'âge, le sexe, l'IMC préopératoire, la durée pendant laquelle le patient est diabétique, et la perte de poids post-chirurgicale n'étaient pas des prédicteurs de rémission du diabète.

"Ces résultats confirment que les effets de la chirurgie bariatrique sur le diabète de type 2 peuvent être attribués à des mécanismes de la chirurgie plutôt qu'aux conséquences de la perte de poids", explique la doctoresse Gertrude Mingrone. "Étudier les mécanismes réels par lesquels la chirurgie améliore les symptômes du diabète peut aider à mieux comprendre cette maladie" ajoute-elle.

De nos jours, les opérations chirurgicales bariatriques sont menées uniquement sur les personnes obèses ayant un IMC supérieur à 35 et souffrant de comorbidités (comme le diabète de type 2 par exemple). Les personnes dont l'IMC est de 40 ou supérieur peuvent se faire opérer même sans étant diabétiques.

"L'IMC est corrélé avec le risque de développer le diabète dans la population générale. Chez un individu, l'IMC ne dit en revanche pas grand chose sur la sévérité du diabète, sur son potentiel de causer des complications ou sur les mécanismes de la maladie", explique le docteur Francesco Rubino.

"L'étude confirme que l'utilisation des limites strictes d'IMC pour déterminer l'admissibilité à la chirurgie chez les patients atteints de diabète est médicalement inappropriée, et qu'il existe un besoin urgent de définir de meilleurs critères pour la sélection des patients", dit-il.

Des études expérimentales précédemment menées par le docteur Francesco Rubino ont montré que les opérations de dérivation gastro-intestinale (comme le bypass gastrique et le switch duodénal) activent des mécanismes directs (qui sont indépendants du poids corporel) de contrôle du diabète. Ces études précédentes soutiennent déjà l'utilisation de la chirurgie comme un traitement du diabète, y compris chez les patients moins obèses (IMC inférieur à 35).

La chirurgie bariatrique surpasse spectaculairement le traitement médical standard contre le diabèteLa chirurgie bariatrique surpasse grandement le traitement médical standard contre le diabète


Une étude randomisée comparant la chirurgie de bypass gastrique au meilleur traitement médical sur des patients ayant un IMC allant de 26 à 35 est actuellement en cours au Collège Médical Weill Cornell de l'hôpital presbytérien de New York.

Tous les patients analysés par l'étude actuelle ont été traités à Rome. Le docteur Mingrone et son équipe de spécialistes du diabète étaient responsables du traitement médical des patients dans l'étude.

La doctoresse Rubino, qui est également titulaire d'un titre académique adjoint à l'Université Catholique de Rome, a effectué les chirurgies laparoscopiques bypass gastrique. Une équipe de chirurgiens de l'Université catholique de Rome a opéré le switch duodénal.

L'étude actuelle fait partie d'une plus grande étude en cours, menée conjointement par l'Université Catholique de Rome et le Collège Médical de Weill Cornell de New York.

En mars 2007, l'Université Catholique de Rome avait accueilli le "Sommet des Chirurgies pour traiter le Diabète". Lors de ce sommet un groupe d'éminents savants internationaux avait déjà recommandé de considérer la chirurgie gastro-intestinale comme traiter intentionnellement le diabète de type 2.

En 2007, le Collège Médical Weill Cornell de l'hôpital presbytérien de New York avait créé le Centre de Chirurgie du Diabète, le premier programme universitaire de ce genre, comme un effort pour modéliser la pratique clinique, l'éducation et la recherche autour de l'objectif spécifique de traiter le diabète par chirurgie.

Ce Centre de Chirurgie du Diabète a depuis organisé les deux premières éditions du "Congrès mondial sur les thérapies interventionnelles pour le diabète de type 2", qui ont augmenté la prise de conscience dans le monde que les chirurgies peuvent traiter le diabète.

On estime que 8,3% de la population mondiale ont le diabète de type 2, selon les statistiques de 2010 de l'Organisation Mondiale de la Santé. Ce nombre devrait augmenter à 9,9% en 2030. Les experts estiment que 23% des patients atteints d'obésité morbide ont également le diabète de type 2.

Les coûts associés au diabète constituent un énorme fardeau sur les systèmes de santé. Des études antérieures avaient suggéré que la chirurgie bariatrique peut être une approche rentable pour les patients obèses et diabétiques.

En dépit des gains potentiels, l'accès à la chirurgie pour les personnes admissibles est toutefois très limité, et les obstacles sont considérables. Par exemple, moins de 2% des patients admissibles ont accès à la chirurgie bariatrique aux États-Unis, et le chiffre est encore plus faible dans le reste du monde. Les auteurs de l'étude espèrent que leur étude permettra de changer la façon dont la chirurgie bariatrique est perçue, et que les médecins prendront en compte la chirurgie comme un moyen de traiter le diabète sur la base des observations scientifiques qu'ils ont fait.

Cette étude a été financée par l'Université Catholique de Rome (Italie).


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Lauzon Yvette  |  28 septembre 2015, 05:14
Je suis une femme de 65 ans très en forme à l'exception du diabète 2, c'est une vrai bête ce diabète. Quand il me prend des crises de sucre c'est terrible. J'ai arrêtée fumer il y a 4 ans. Je suis très fière de moi. Mais en arrêtant de fumer, les sucreries sont tellement meilleures, j'ai fais un beau coup, par contre je suis rendu à 200 lbs, je ne m'accepte plus. J'aimerais avoir un BYPASS ou autre opération pour perdre tout ces livres en trop et ne plus avoir de diabète, cette bête si féroce.
Je vous remercie de m'avoir lu, j'aimerais avoir des nouvelles sous peu,
Merci beaucoups
Yvette
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