Les hommes développent le diabète plus facilement que les femmes

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 12/09/2011

La science a trouvé pourquoi le diabète de type 2 se forme plus aisément chez les hommes que chez les femmes. Voici les explications.

Des chercheurs pensent avoir découvert pourquoi les hommes peuvent former un diabète de type 2 plus facilement que les femmes. Une nouvelle étude a trouvé que les hommes sont biologiquement plus susceptibles et ont besoin de prendre bien moins de poids que les femmes pour développer cette affection.

Dans l'étude, des chercheurs écossais ont examiné les fichiers de 95 057 hommes et femmes diabétiques de type 2 (une altération de l'organisme causée par l'excès de glucose, un type de sucre, dans le sang). Ils ont analysé les âges et les IMC au moment du diagnostic. Une tendance nette se dégageait des résultats : les hommes développant le diabète de type II alors qu'ils ont un Indice de Masse Corporelle inférieur à celui des femmes du même âge.

Les scientifiques se sont demandés pourquoi c'est le cas, et ont suggéré deux principales théories :
  • Les hommes pourraient être moins sensibles à l'insuline que les femmes,
  • Les hommes auraient tendance à stocker de la graisse autour de leurs organes plutôt que sous la peau comme le font les femmes.

Toutefois, les raisons proposées restent uniquement des théories et ne peuvent pas être confirmées par cette analyse, qui n'a examiné qu'un éventail limité de facteurs et à un seul point dans le temps.

Globalement, la piste d'observation que les hommes semblent développer un diabète de type 2 à un IMC plus faible que les femmes de même âge vaut la peine d'être explorée de manière plus approfondie. Il est en effet inquiétant que les hommes forment ce type de diabète à un taux plus élevé que leurs homologues femelles. Des études comme celle-ci nous aideront à comprendre les raisons et nous donneront un meilleur aperçu de ce que nous pouvons faire afin de parfaire la prévention du diabète de type 2. Lisez aussi de quelles manières les habitudes de vie produisent un impact sur le diabète.


> D'où vient cette étude ?

Cette analyse scientifique a été menée par des chercheurs venant de plusieurs instituts de recherche écossais (y compris le Groupe des Réseaux de Recherche Epidémiologique sur le Diabète, situé à l'Université de Glasgow, en Ecosse). La recherche était financée par le Wellcome Trust (une célèbre fondation mondiale de charité en médecine).

L'étude a été publiée dans la revue médicale à comité de lecture "Diabetologia".


> De quel type d'étude s'agit-il ?

Il s'agit d'une étude transversale qui a étudié les liens entre l'âge, le sexe et l'IMC chez les hommes et les femmes au moment où ils ont été diagnostiqués diabétiques de type 2. Les chercheurs ont voulu tester l'hypothèse que les hommes diagnostiqués avec ce trouble ont tendance à avoir un IMC moyen inférieur que chez les femmes diagnostiquées à un âge similaire.

En d'autres termes, cela demande moins d'excès de poids pour déclencher cette affection chez les hommes que chez les femmes. Les chercheurs ont déclaré que cette hypothèse était basée sur le fait que plusieurs études récentes ont observé que les hommes européens d'une cinquantaine d'années sont davantage exposés au risque de diabète que les femmes européennes d'une cinquantaine d'années. Pour tester cette théorie, les chercheurs ont examiné des données d'un grand groupe d'hommes et de femmes faisant partie d'un registre de personnes diabétiques habitant en Ecosse.

Alors que ce type d'étude peut observer les tendances en âge et en IMC au moment du diagnostic, et comparer les différences entre les hommes et les femmes, il ne peut pas nous procurer beaucoup plus d'informations que cela.

Par exemple, il n'est pas possible de déterminer les raisons biologiques pour lesquelles les hommes et les femmes ont développé un diabète au moment où ils l'ont fait. De plus, les interprétations des chercheurs à partir de ces données ne sont que des théories à ce stade. Ces théories fournissent une discussion intéressante sur les résultats et soulignent les zones à approfondir pour de futures études plus détaillées, mais ne peuvent pas être prouvées par cette série de résultats.


> Qu'implique cette étude ?

Les chercheurs ont étudié un instantané des données de 2008, conservées dans l'ensemble de données "Collaboration pour l'Information et les Soins sur le Diabète en Ecosse", un registre d'un échantillon de la population qui garde des informations sur les patients diagnostiqués diabétiques en Ecosse.

Les chercheurs s'intéressaient particulièrement aux personnes diabétiques qui s'étaient fait mesurer leur IMC dans l'année suivant le diagnostic. Des informations sur le statut tabagique et la glycémie ont également été recueillies.

Les chercheurs ont exclu les données liées aux individus ayant un IMC inférieur à 25 et aux personnes diagnostiquées avec le diabète avant l'âge de 30 ans. Cette exclusion avait pout but de limiter l'inclusion des patients diabétiques de type 1. Les chercheurs ont également exclu tous les individus restants qui ne disposaient pas de mesures clés comme l'IMC. Découvrez aussi les symptômes et facteurs de risque du diabète gestationnel.

Après ces exclusions, les chercheurs disposaient d'un échantillon de 51 920 hommes et 43 137 femmes, représentant seulement 35,1% de l'ensemble des données admissibles.

Les chercheurs ont ensuite utilisé des modèles graphiques pour tracer l'IMC au moment du diagnostic contre l'âge au moment du diagnostic. Tracer point par point des graphiques distincts pour les hommes et les femmes a permis aux chercheurs de comparer si les associations entre l'âge et l'IMC au moment du diagnostic étaient différents chez les hommes et les femmes. Lisez aussi nos conseils pour vous débarrasser des kilos superflus quand vous êtes diabétiques de type 2.


> Quels étaient les résultats fondamentaux ?

Dans l'échantillon de 95 057 individus, les hommes étaient en moyenne significativement plus jeunes que les femmes (moyenne d'âge de 59,2 ans contre 61,6 chez les femmes). L'IMC moyen enregistré dans les 12 mois qui suivent le diagnostic de diabète de type 2 était 31,83 chez les hommes et 33,69 chez les femmes (rappelons qu'un IMC allant de 25 à 29,9 indique qu'une personne est en surpoids, et qu'un IMC de 30 ou plus indique l'obésité).

Quand les chercheurs ont tracé un graphique montrant la relation entre l'IMC moyen et l'âge au moment du diagnostic, ils ont observé des tendances nettes :
  • Les personnes ayant un IMC élevé tendaient à développer le diabète de type 2 à un plus jeune âge,
  • L'IMC des femmes au moment de leur diagnostic (atteintes de ce trouble) était systématiquement supérieur à celui des hommes.

Cela signifie qu'à âge comparable, les hommes développent le diabète même quand ils ont un IMC pourtant inférieur à celui des femmes.

Les chercheurs avaient également ajusté leur analyse pour prendre en compte d'autres facteurs qui pourraient avoir influencé la relation. Quand ils ont effectué les ajustements pour tenir compte du statut tabagique des participants, ils ont trouvé que le tabagisme ne produisait aucun effet sur leurs résultats.

Les hommes et les femmes avaient également des taux de sucre sanguin comparables au moment du diagnostic. Cela suggère que les conclusions de cette étude ne sont pas une conséquence d'hommes étant diagnostiqués diabétiques de type 2 à un stade précoce de leur maladie. Lisez aussi les aliments recommandés quand vous êtes atteints de prédiabète.

L'écart d'IMC entre les hommes et les femmes était le plus significatif à des âges plus jeunes. Selon le graphique des chercheurs, les hommes qui développaient un diabète à l'âge de 40 ans avaient un IMC aux alentours de 34 ou 35, contre 38 ou 39 chez les femmes (qui développaient aussi un diabète à l'âge de 40 ans).

Cette différence se réduit progressivement au fur et à mesure que les patients vieillissent, jusqu'à ce que les hommes et les femmes ayant développé un diabète autour de 80 ans ou plus présentent un IMC similaire.


> Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats ?

A partir de leur analyse d'une population écossaise de gens souffrant de diabète, les chercheurs ont conclu que les hommes sont diagnostiqués atteints d'un diabète de type 2 à un IMC plus bas que les femmes du même âge. Les chercheurs suggèrent que cette observation pourrait expliquer pourquoi le diabète de type 2 est plus fréquent chez les hommes d'une cinquantaine d'années dans les populations européennes.

Toutefois, les chercheurs ne peuvent pas savoir si les mêmes observations peuvent se faire chez d'autres populations. En particulier, ils ne savent pas si ces tendances peuvent concerner les gens d'autres groupes ethniques, parce que l'échantillon écossais inclut essentiellement des personnes d'ascendance européenne.


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