Pourquoi les cerveaux des gens obèses cèdent aux envies de manger ?

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 07/09/2011

Une étude a trouvé la raison pour laquelle les personnes souffrant d'obésité ne résistent pas aux envies de manger.

Pour les personnes de poids normal, un ventre vide réclame que le cerveau indique au corps de penser à obtenir un peu de nourriture. Lorsque le ventre est rempli, il "devient" heureux, et c'est la fin de cette réclamation pendant environ cinq heures ou plus.

Toutefois, certaines personnes obèses se retrouvent en train de s'alimenter de nouveau à peine une heure ou deux après un repas. Désormais, les scientifiques pensent qu'ils savent pourquoi.

L'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) de 14 sujets en bonne santé (9 étaient minces, 5 étaient obèses) révèle que quand le taux de glucose (glycémie) baisse, la région du cerveau qui régule les impulsions (et envies) ne peut pas contrôler le désir de consommer des bonbons et grignotages caloriques. Cette envie de manger des aliments à haute teneur en calories est particulièrement vive chez les gens obèses. Plus précisément, chez les personnes de poids normal, les chercheurs observaient une activité accrue dans la région cérébrale utilisée pour contrôler les pulsions, alors que cette activité restait faible chez les personnes obèses.

L'étude a été menée par des chercheurs de l'école de médecine de la célèbre Université Yale (Connecticut, Etats-Unis), elle était publiée dans l'édition de septembre de la revue "The Journal of Clinical Investigation". Cette étude a contribué à expliquer pourquoi certaines personnes obèses qui connaissent de très importantes fluctuations de la glycémie rencontrent des difficultés à contrôler leur appétit pour la malbouffe et les desserts.

Selon Robert Sherwin, l'un des auteurs de l'étude, "il y a sans doute des raisons biologiques pour lesquelles les gens ne peuvent pas nécessairement contrôler leur désirs de nourritures". Les auteurs de l'étude visaient à mieux comprendre les processus biologiques sous-jacents qui contribuent à l'obésité.


> L'ascension et la chute des envies de nourritures

Le taux de glycémie fluctue naturellement au cours de la journée. Ce taux est le plus bas le matin avant le petit-déjeuner, déclenchant la faim. Ce taux atteint son pic une heure ou deux après un repas, puis revient rapidement à un niveau de base pendant plusieurs heures après cela, puisque l'estomac est rassasié.

Les chercheurs de Yale ont contrôlé soigneusement la glycémie de 14 personnes par voie intraveineuse et ensuite surveillé leurs réactions à des images montrant soit des aliments (caloriques ou sains) soit des objets non alimentaires, pendant que ces personnes subissent une IRM du cerveau (2 heures après avoir mangé).

Chez les personnes non obèses, un état de taux de sucre sanguin trop faible, appelé hypoglycémie, a déclenché une envie de manger des aliments riches en calories comme la glace. Ce besoin disparut quand le taux de sucre sanguin est passé à son niveau de référence (sa fourchette normale), appelée euglycémie.

Pendant ce temps, les personnes obèses ont connu des envies de manger beaucoup plus grandes que celles qui n'étaient pas obèses, tout en étant hypoglycémiques. Le plus surprenant, soulignent les chercheurs, est que ces envies de manger n'avaient pas diminué après que le taux de sucre sanguin ait atteint son niveau de référence (euglycémie).

Les chercheurs indiquent que les gens obèses ont apparemment perdu leur mécanisme de retenue associé à la glycémie. Cela les a conduit à avoir envie de grignotages à peine une heure ou deux après un repas, même quand la glycémie était normale.

Les chercheurs pensent donc que les gens de poids normal peuvent rassembler davantage de défenses mentales pour résister aux tentations alimentaires chargées en calories que les gens qui souffrent d'obésité.

"Il existe un contrôleur, une fonction supérieure qui contrôle le centre des récompenses dans votre cerveau. Ce contrôleur est déficient chez les personnes atteintes d'obésité. Ces dernières n'activent pas ce système. Des études plus approfondies sont nécessaires pour confirmer les conclusions de cette étude, qui suggère que les gens obèses peuvent être moins capables de couper les parties du cerveau qui gèrent les envies de manger des nourritures. Cela contribue probablement à leur obésité", dit Robert Sherwin. Lisez aussi le lien entre la réaction cérébrale lorsque cet organe voit des aliments et le maintien du poids.

Pire encore pour les personnes obèses, selon les chercheurs, est la visualisation inéluctable d'aliments très caloriques : dans les publicités à la télévision, sur les panneaux d'affichage dans la rue, dans les journaux et magazines, sur Internet, en passant devant des fast-foods. Cela rend presque inévitable la suralimentation, ajoutent les chercheurs.


> La malbouffe engendre de la malbouffe

Les résultats de l'étude impliquent que l'une des stratégies de gestion de poids corporel pour les personnes obèses pourrait consister à manger de plus petits repas mais plus fréquemment. Cela pourrait aider à garder le taux de sucre sanguin dans une fourchette plus étroite et à réduire les envies de manger ou autres fringales.

En général, les aliments tels que les légumes et les grains entiers riches en fibres alimentaires sont digérés plus lentement que les nourritures transformées et pauvres en fibre, en plus de n'augmenter que légèrement le taux de sucre dans le sang.

Inversement, la malbouffe, qui est généralement chargée en sucre ou fortement transformée et pauvre en fibres, amène la glycémie à augmenter fortement, avant de chuter de façon spectaculaire. Ceci, à son tour, augmente encore davantage l'envie de manger de la malbouffe.


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