Le chauffage central favorise-t-il l'obésité ?

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 14/07/2011

Selon une étude, rester au chaud pendant les mois où il fait froid grâce au chauffage central ferait partie des causes de l'obésité.

Si vous voulez combattre l'obésité, vous devriez ouvrir vos fenêtres ou baisser le chauffage, telle est la conclusion d'une étude anglaise. Les chercheurs disent que le chauffage central et le double vitrage sont en train d'élever les taux d'obésité. Leur étude scientifique suggère que les températures d'intérieur ont augmenté depuis les dernières décennies, réduisant le nombre de calories dont nous utilisons pour chauffer le corps, et nous amènent à stocker l'excès d'énergie sous forme de graisse corporelle. Les chercheurs disent que la "zone de confort thermique" fournie par la vie moderne peut donc être une cause de hausse des taux d'obésité dans le monde occidental. Lisez aussi : Obésité : définition, causes, traitement, prévention (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=1106).

Rappelons que le principe du chauffage central est appliqué quand plusieurs chambres (d'un immeuble ou d'une maison) sont chauffées grâce à un endroit unique de l'immeuble/la maison, où se trouve un générateur de chaleur (chaudière). Dans ce générateur se trouve diverses matières premières comme le bois, le charbon de bois, le gaz, le fioul, qui sont brûlées pour produire de la chaleur. Le chauffage central permet d'éviter de placer un générateur de chaleur dans chaque chambre.

Bien que l'étude propose une théorie scientifique intéressante et plausible, elle n'est pas concluante et ne prouve pas que le simple fait de baisser votre thermostat vous aidera à perdre du poids. Beaucoup de facteurs peuvent provoquer l'obésité, y compris la génétique, l'alimentation déséquilibrée, le manque d'activité physique et un mode de vie instable. Les auteurs de l'étude en sont bien conscients par ailleurs puisqu'ils trouvent qu'il y a un manque de preuves directes pour soutenir cette théorie, qui doit être évaluée et validée par des études plus approfondies à l'avenir. Lisez aussi : Obésité : comment le fait d'être obèse peut affecter la confiance ? (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=991)


D'où vient cette étude ? Elle était menée par des chercheurs de l'Université College London et de l'Université de Cambridge (Angleterre). Cette étude était financée par les deux universités pré-citées. Elle a été publiée dans la revue médicale à comité de lecture "Obesity Reviews" (les études qui y sont publiées ont été examinées par les confrères scientifiques des auteurs).


De quel type d'étude s'agissait-il ? Il s'agit d'une revue narrative discutant de la preuve d'un lien possible entre l'augmentation des températures intérieures et l'augmentation des taux d'obésité. Une revue narrative discute et synthétise une documentation sélectionnée (généralement des études originales qui n'ont pas été répertoriées ou analysées de façon standardisée et objective) pour donner un aperçu général sur une théorie ou un sujet particulier.

Une revue narrative est différente d'une revue systématique, qui suit un protocole strict pour identifier et évaluer des études pertinentes (répertoriées ou analysées de façon standardisée). Les revues narratives sont plus adaptées aux sujets de nature discursive (qui caractérise un raisonnement peu rigoureux, qui ne suit pas une continuité rigoureuse) plutôt que de quantifier les effets du traitement (par exemple).

Un échantillon d'études ont été incluses dans cette revue pour fournir des preuves soutenant la discussion des auteurs, mais les méthodes par lesquelles ces études ont été identifiés et sélectionnés pour l'inclusion ne sont pas indiquées.

Les auteurs de l'étude soulignent que l'obésité est un problème croissant de santé mondiale. Alors que l'alimentation et les styles de vie plus sédentaires sont sans doute les causes principales, d'autres facteurs peuvent également contribuer à l'obésité. Les auteurs présentent l'hypothèse que l'exposition aux températures froides saisonnières augmente la capacité du corps pour la thermogenèse (le processus de combustion d'énergie obtenue grâce aux nourritures afin de produire de la chaleur et réguler la température du corps). Lisez aussi : L'obésité accroît les soucis de santé partout dans le monde (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=345).

Les auteurs disent que l'accès au chauffage central, les prix de carburant bon marché et le fait de passer de plus en plus de temps à l'intérieur placent tous les humains modernes sous moins de "stress thermique", ce qui peut donc nous conduire à brûler moins d'énergie (obtenue en consommant des nourritures) pour rester au chaud, et à stocker cette énergie excédentaire sous forme de graisse corporelle supplémentaire. Lisez aussi : Préparer votre corps et votre alimentation à bien passer l'hiver (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=540).


Qu'implique cette étude ? Les auteurs ont référencé 72 articles dans leur revue narrative, qui fournit des aperçus larges sur les tendances en températures à l'intérieur pendant l'hiver, les réactions humaines au froid, la dépense d'énergie humaine en réaction au froid léger, le rôle de la graisse brune dans la création de la chaleur. La graisse brune est l'un des deux types de tissus graisseux dans le corps humain, et est censée jouer un rôle dans la production de chaleur corporelle. Lisez aussi : La graisse brune aide à maigrir (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=298).

La revue narrative ne présente pas la façon dont les auteurs ont cherché des études pertinentes ou comment ils ont décidé que les études étaient suffisamment pertinentes pour être incluses, donc nous ne savons pas s'il existe d'autres études dans ce domaine qui contredisent leurs hypothèses. Les chercheurs ont également fourni des détails sur seulement sept des études incluses, qui sont tous des études non-randomisées et expérimentales, visant à examiner les dépenses d'énergie à des températures ambiantes différentes. Ces études étaient réalisées sur de très petits échantillons, allant de huit participants dans le groupe le plus petit à 20 dans le plus grand. Lisez aussi : Injection de graisse brune : nouvelle arme contre l'obésité ? (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=946)


Quels étaient les résultats à retenir de l'étude ? La revue narrative était détaillée, et voici une vue d'ensemble des principaux points de discussion :

1) Tendances en températures d'intérieur en hiver
Les auteurs ont cité des preuves qui montrent :
  • Une tendance au sein des populations aisées à chauffer leurs maisons à des températures plus proches de la limite inférieure de la "zone de neutralité thermique pour les humains". Cette zone est définie comme la gamme de températures à laquelle le taux métabolique (et donc la dépense d'énergie) est minime (25°C à 27°C pour un humain adulte non habillé).

  • Que l'adoption généralisée du chauffage central et de la climatisation a conduit à des attentes d'une "monotonie thermique", et à des augmentations de températures dans le salon ont été accompagnées par la hausse des températures dans la chambre à coucher et dans le couloir, qui étaient auparavant maintenus à des températures plus fraîches.

  • Que les températures dans les lieux de travail sont également en train d'augmenter.

  • Que la moindre exposition saisonnière au froid est exacerbée par des réductions de marche à pied et de déplacement en vélo en faveur des voitures (où les températures sont contrôlées).

2) La réponse humaine au froid
  • Les humains exposés au froid maintiennent la température corporelle et conservent la chaleur du corps à travers des modes de thermogenèse (production de chaleur) différents.

  • Il y a des "preuves indirectes" qui montrent que la thermogenèse joue un rôle important dans l'équilibre énergétique. Un petit nombre d'études ont indiqué que les effets du froid léger peuvent augmenter la dépense énergétique humaine, avec une étude suggérant que la dépense énergétique causée par une exposition au froid léger pendant 10% du temps pourrait être équivalent à une différence de 8 kilogrammes de poids corporel sur 10 années.

  • Des études indiquent que cette moindre exposition au froid saisonnier (pendant les saisons où il fait froid) peut minimiser le besoin de thermogenèse, réduisant ainsi les dépenses énergétiques.

3) Rôle de la graisse brune
Le rôle principal de la graisse brune (aussi appelé tissu adipeux brun) est de générer de la chaleur corporelle, généralement chez les nouveau-nés qui ne peuvent pas grelotter pour garder leur chaleur, bien que les auteurs de cette revue citent des études pour montrer qu'il joue aussi un rôle dans la production de chaleur chez les adultes.

Les chercheurs disent que des études montrent que la graisse brune est activée dans des conditions de froid léger, et qu'elle augmente la dépense énergétique. Ils suggèrent que davantage de temps passé dans le "confort thermique" peut conduire à une perte de graisse brune. Les chercheurs supposent un lien entre une exposition réduite aux températures froides et une activité réduite de la graisse brune. Lisez aussi : Stockage de la graisse dans le corps : nouveaux indices (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=1081).

Les auteurs soulignent également que la dépense énergétique réduite, dépense nécessaire dans des températures plus élevées, devrait être contrebalancée par un apport alimentaire réduit. Toutefois, les adultes vivant dans les pays occidentaux ignorent souvent ce réglage nécessaire, principalement à cause d'une disponibilité constante de nourritures très savoureuses dans ces pays. Lisez aussi : Brûler des calories : 8 conseils pour dépenser plus de calories (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=1053).


Comment les chercheurs interprètent-ils les résultats ? Les chercheurs concluent qu'une durée de temps plus longue passé dans des conditions de grand confort thermique mène à un moindre besoin de thermogénèse, un processus qui dépense l'énergie gagnée à partir des nourritures (grâce à diverses voies biologiques). Donc, cette perte de dépense d'énergie pourrait être une cause de l'augmentation de l'obésité. Lisez aussi : Calories brûlées : choses à savoir sur les calories que vous brûlez (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=1108).


Que retenir en conclusion ? La théorie que les températures tendent à être supérieures dans la maison et au travail (par rapport au passé) est en train de mener à une moindre dépense énergétique et à une hausse de l'obésité est intéressante. Mais comme les auteurs de l'étude l'ont souligné, des études plus approfondies sont nécessaires pour confirmer ou infirmer que tel est vraiement le cas. Surtout, il existe un besoin pour les études qui analysent spécifiquement l'exposition de l'individu au froid et comment cette exposition impacte son dépense énergétique et son poids corporel. Lisez aussi : Poids corporel : facteurs qui affectent votre poids corporel (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=898).

Egalement, comme les auteurs de l'étude l'ont noté, il existe des divergences significatives dans la compréhension des voies biologiques qui pourraient être impliquées dans la manière dont le temps passé dans des températures plus chaudes pourrait réduire la dépense énergétique. Fondamentalement, il n'existe pas d'études directes des effets de la variation de la température sur l'équilibre énergétique ou sur le poids corporel à long terme chez les humains. Comme les auteurs de l'étude le disent, concevoir une telle étude présenterait des défis considérables. Lisez aussi : Boire de l'eau froide pour maigrir et brûler plus de calories ? (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=831)

En ce qui concerne cette revue, bien que de nombreuses études aient été incluses pour apporter des preuves afin de soutenir le point de vue des auteurs, les méthodes par lesquelles ces études ont été identifiées et sélectionnées pour inclusion n'étaient pas précisées. Cela peut s'expliquer par le fait que certaines études non incluses pourraient contredire l'hypothèse des cheurcheurs.

Globalement, cette étude ne permet pas de conclure de manière radicale, et ne prouve pas que le simple fait d'ouvrir la fenêtre ou de réduire le thermostat empêchera les gens de grossir. Une explication alternative pourrait être que les gens grossissent pendant l'hiver parce qu'ils restent à l'intérieur pour garder la chaleur et font donc moins d'exercices physiques. Lisez aussi : Ne pas gâcher les vacances d'hiver à cause d'un gain de poids (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=555).

Il existe plusieurs raisons différentes à une obésité chez toute personne, y compris la génétique, l'alimentation malsaine, le manque d'exercice et le style de vie général. Bien que garder invariablement une température ambiante pourrait affecter (ou pas) la prise de poids, une alimentation équilibrée et la pratique régulière d'exercices physiques resteraient toujours les meilleures façons de maintenir un poids santé (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=662).


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> COMMENTAIRES / TÉMOIGNAGES (cliquez ici pour rédiger votre commentaire)
Mel  |  22 novembre 2012, 09:49
Bonjour, pourriez-vous me donner les références de cette étude? Je fais une thèse liée à l'obésité et j'aimerais bien lire et citer cette étude.
Merci d'avance.
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