Le travail sédentaire augmente le risque de cancer de l'intestin

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 09/07/2011

Faire un métier qui vous fait vous asseoir tous les jours au bureau peut augmenter le risque de cancer de l'intestin. Voici pourquoi.

Avoir un travail sédentaire qui nous fait travailler assis au bureau pendant 10 années (ou plus) peut quasiment doubler le risque de cancer de l'intestin, telle est la conclusion d'une étude. Les chercheurs ont également trouvé que peu importe combien d'activités de loisirs vous faites en dehors du travail, le risque reste le même. Lisez aussi : Etre en surpoids ou obèse à cause de l'ordinateur et l'Internet ? (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=471)

Il s'agit d'une étude australienne, menée sur 918 personnes souffrant de cancer du côlon (grand intestin) et 1 021 personnes qui ne souffrent pas de cancer. Les chercheurs ont analysé leurs habitudes professionnelles et de style de vie. Les participants, âgés entre 40 et 79 ans, qui ont passé 10 années ou plus dans un travail sédentaire avaient presque 2 fois plus de risque de souffrir du cancer de la dernière partie du côlon (le côlon distal) que ceux qui n'avaient jamais fait un travail sédentaire. Le risque était indépendant de toute activité physique de loisirs (comme le fait d'aller à la gym). Lisez aussi : Côlon : comment garder votre côlon en bonne santé (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=743).

Toutefois, ces trouvailles ne montrent pas de façon concluante que le fait de s'asseoir de manière prolongée provoque le cancer de l'intestin. L'étude présente en effet plusieurs limites. Seulement 45 personnes souffraient de cancer du côlon distal et à peine 96 personnes qui ne souffraient pas de cancer avaient un travail sédentaire pendant plus de 10 ans. Or des comparaisons statistiques entre de si petits nombres peuvent être inexactes. L'étude faisait également confiance aux gens pour se rappeler des activités physiques de loisirs pendant les dernières années, et utilisait seulement les titres des fonctions (de travail) pour évaluer combien de temps les gens passaient assis. Lisez aussi : Malabsorption : le syndrome de malabsorption intestinale (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=1087).

Un nombre croissant de personnes travaillent dans des métiers qui impliquent de s'asseoir pendant des périodes prolongées. Les effets santé de ce type de travail, et les stratégies pour modifier tout effet négatif, sont des pistes importants à creuser pour des études à l'avenir. Lisez aussi : Viandes et risque de maladie inflammatoire de l'intestin (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=747).


De quel type d'étude s'agissait-il ? Il s'agit d'une étude réalisée par des chercheurs de l'Université d'Australie Occidentale à Perth (Australie). Cette étude était financée par le gouvernement australien et publiée dans la revue "American Journal of Epidemiology".

Cette étude cas-témoins (étude statistique utilisée en épidémiologie) entreprit d'examiner si le travail sédentaire est associé à des types spécifiques de cancer colorectal (cancer du grand intestin). Ce type d'étude compare les personnes souffrant d'une maladie avec celles qui n'en souffrent pas (le groupe de contrôle). Les chercheurs collectent ensuite les informations sur les deux groupes pour établir si une différence quelconque pourrait affecter le risque de maladie. Lisez aussi : Polype : symptômes, aliments pour prévenir les polypes du côlon (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=1004).

Ce type d'étude cas-témoins est habituellement rétrospectif, ce qui veut dire qu'il prend les gens qui souffrent déjà de la maladie en question et examine leurs histoires. Pour fournir des preuves, les études cas-témoins sont considérés comme plus faibles que les études de cohorte (étude de type longitudinale qui est généralement fondée sur deux groupes de sujets). Les études de cohorte suivent des personnes sans maladie sur un certain nombre d'années, pour voir lesquelles développent la maladie en question. Une étude de cohorte aurait été possible pour un résultat comme le cancer de l'intestin puisqu'il s'agit d'une maladie courante. Lisez aussi : Prévention du cancer : 7 aliments pour éviter le cancer (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=722).

Les chercheurs disent que d'autres études suggèrent aussi que s'asseoir de manière prolongée peut augmenter le risque de certaines maladies chroniques, y compris le cancer colorectal. Pourtant, ces études précédentes ne prenaient pas en compte combien d'activités physiques de loisirs les gens faisaient, et si ces activités physiques affectaient leur risque de cancer. Lisez aussi : Aliments cancérigènes : quelle alimentation provoque le cancer ? (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=1089)


Qu'impliquait l'étude ? Les chercheurs avaient recruté 918 patients souffrant de cancer colorectal entre 2005 et 2007. Les participants étaient âgés entre 40 et 79 ans, et avaient été diagnostiqués de cancer dans différents endroits de l'intestin. Dans le groupe de contrôle (les personnes qui ne souffraient pas de cancer), 1 021 personnes qui étaient assorties de par l'âge et par le sexe aux personnes souffrant de cancer étaient recrutées. Lisez aussi : Conseils nutritionnels pour les patients atteints de cancer (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=346).

Des informations étaient ensuite collectées à partir des deux groupes sur leurs historique de travail dans toute leur vie (du premier travail jusqu'à la retraite) ainsi que sur leur style de vie, alimentation, niveau d'activité physique de loisirs et usage de médicaments.

Le degré d'activité physique de loisirs était calculé en classant chaque emploi en l'une des 5 catégories (utilisant un coefficient de classification acceptée) :
  • Sédentaire (comme le poste de comptables),
  • Activité légère (comme les postes de professeurs et de femmes de ménage),
  • Activité moyenne (comme le poste des infirmiers),
  • Activité lourde (comme le poste des plombiers),
  • Activité très lourde (comme le poste des mineurs).


Les chercheurs avaient aussi calculé le nombre d'années passées dans chaque catégorie (pour chaque emploi) et enregistré si le travail était à temps complet ou partiel. Le nombre d'années que les participants ont passé dans un travail sédentaire était catégorisé comme ceci : aucune année, moins de 10 ans, plus de 10 années. Lisez aussi : L'alimentation et l'exercice peuvent réduire les taux de cancer de 33% (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=250).

Les chercheurs ont exclu 48 cas de cancer et 25 personnes du groupe de contrôle (personnes qui ne souffraient pas de cancer) à cause de données manquantes, laissant 870 cas et 996 personnes du groupe de contrôle pour l'analyse. Ils ont utilisé des méthodes statistiques pour analyser les liens possibles entre la durée de travail sédentaire et le risque de cancers du côlon proximal, du côlon distal et du rectum. Le côlon proximal est la première partie du côlon après le petit intestin (comprenant le côlon ascendant et le côlon transverse). Le côlon distal est la partie inférieure du côlon (comprenant le côlon descendant et le côlon sigmoïde, qui mènent vers le rectum). Lisez aussi : Risque de cancer augmenté par certains régimes pauvres en glucides (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=844).


Quels étaient les résultats fondamentaux ? Les chercheurs ont trouvé que, comparées aux personnes qui ne passaient aucune année dans un travail sédentaire, les personnes qui passaient 10 années ou plus dans un travail sédentaire avaient 2 fois plus de risque de cancer du côlon distal (rapport des chances ajusté de 1,94 ; intervalle de confiance de 95% 1,28 à 2,93). Cette association était indépendante de combien d'activité physique de loisirs les gens faisaient, et était même observée parmi les participants les plus actifs. Lisez aussi : Plus active ou actif : 10 façons simples de devenir plus actifs (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=981).

Une association similaire était observée pour le cancer du rectum, mais elle n'atteignait pas une importance statistique suffisante (rapport des chances ajusté de 1,44 ; intervalle de confiance de 95% 0,96 à 2,18).

Le cancer du côlon proximal n'avait quant à lui aucune association avec le travail sédentaire.


Comment les chercheurs interprétaient-ils les résultats ? Les chercheurs disent que ces résultats suggèrent qu'à long terme, le travail sédentaire peut augmenter le risque de cancer du côlon distal et le risque de cancer rectal, indépendamment de la quantité d'activités physiques pratiquées. Lisez aussi : Comment dégager du temps pour être plus actifs ? (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=771)

Les chercheurs suggèrent plusieurs mécanismes biologiques plausibles pour expliquer leur conclusion. L'une de ces suggestions est que le fait de vous asseoir de manière prolongée augmente le taux de sucre sanguin et diminue la sensibilité à l'insuline. Or ces deux paramètres pourraient favoriser le cancer colorectal. Le comportement de vie sédentaire a également été lié à un risque supérieur de diabète et d'obésité, tous les deux des facteurs de risque du cancer colorectal. Lisez aussi : Obésité : définition, causes, traitement, prévention (http://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=1106).

Les chercheurs disent que leurs conclusions ont des implications sur la santé du travail, surtout depuis que les progrès technologiques nous amènent à nous asseoir de plus en plus longtemps pour travailler.


Cette étude, bien que menée sérieusement et rigoureusement, présente quelques limites qui doivent être considérées quand vous interprétez les résultats :
  • Cette étude a été menée en Australie, les résultats pourraient donc différer de ce qui peut être observé dans d'autres populations du monde.
  • Les personnes ayant le même titre de la fonction (par exemple "infirmier") n'ont pas nécessairement la même activité pendant leur travail, et baser le niveau de sédentarité sur le simple titre de la fonction n'est pas une façon idéale d'évaluation. Par exemple, les infirmiers étaient catégorisés comme ayant une activité moyenne au travail, mais la quantité d'activités d'un infirmier sera différente en fonction du type de soins qu'ils prodiguent.
  • L'étude faisait confiance aux personnes pour se souvenir avec exactitude et de rapporter par elles-mêmes leurs activités de loisirs sur plusieurs années.
  • Les chercheurs ne prenaient pas en compte la quantité de comportement sédentaire en dehors du travail, comme à la maison ou en utilisant les transports pour aller au travail/revenir à domicile.
  • Le nombre de personnes ayant travaillé plus de 10 années de manière sédentaire était assez faible, et faire des tests statistiques en utilisant de petits nombres peut être inexact.
  • Enfin, il est possible que le fait de s'asseoir en soi ne produit pas l'effet observé sur le risque de cancer de l'intestin, mais il s'agit d'un marqueur pour un autre facteur de risque possible qui est en fait derrière l'association, par exemple, l'obésité, une pauvre alimentation ou un faible taux de vitamine D.


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