Dépendance à la nourriture : êtes-vous accro aux aliments ?

Publié par la rédaction de RegimesMaigrir.com le 01/05/2011

Pour combattre efficacement l'asservissement aux actes de vous nourrir, encore faut-il savoir si vous êtes dépendants aux nourritures.

Vous sentez-vous impuissants devant le chocolat parce que vous ne pouvez pas résister d'en manger ? Est-ce pour autant une dépendance alimentaire (en l'occurence au chocolat) ? Est-ce que vos envies de manger des chips ou des pizzas aux fromages et remplies de charcuteries grasses peuvent-elles être similaires aux envies de boire d'un alcoolique ? En fait, pouvons-nous vraiment être accro aux nourritures (dans le sens d'une addiction) ?

Le scénario de la subordination qui se joue dans les cerveaux des personnes alcooliques et des toxicomanes est plutôt bien compris, mais le fait que les envies de manger, la consommation compulsive voire l'obésité puissent être liés au même type d'activité du cerveau que les précédentes sujétions reste controversé.

Les dernières suggestions sérieuses disant que la servitude alimentaire existe réellement vient d'une étude menée par l'Université Yale (Connecticut, Etats-Unis) et rendue publique début 2011. Ces suggestions ont soulevé beaucoup de débats. Les conclusions alléchantes de cette étude suggèrent qu'un processus qui rend dépendant a lieu dans le cerveau quand quelqu'un fait face à certaines nourritures (grasses par exemple).


> Identifier les addicts

D'abord, les chercheurs de l'Université Yale ont recruté 48 jeunes femmes et leur ont demandé de passer un test intitulé "échelle de dépendance à la nourriture de Yale" (EDNY).

Ce test demande de préciser les réactions à certains aliments comme :
  • Les sucreries (glace, chocolat, biscuits, etc.),
  • Les féculents (pain blanc, pâtes, riz, etc.),
  • Les aliments salés (chips, bretzels, crackers, etc.),
  • Les aliments gras (pizzas, hamburgers, steaks, frites, etc.),
  • Les boissons sucrées (sodas, jus de fruits non naturels avec sucre ajouté, etc.),
  • Les aliments sains comme le brocoli et les pommes, mais nous ne pouvons pas dire qu'un assujettissement aux nourritures saines (comme les fruits et légumes) soit un problème pour la santé.

En fonction des réponses des 48 femmes au test, les chercheurs étaient capables de distinguer celles qui avaient un score indiquant un joug potentiel à la nourriture.


> Que se passe-t-il dans le cerveau ?

Ensuite, toutes les femmes devaient passer une IRM (imagerie par résonance magnétique) pour que les chercheurs puissent observer comment le cerveau réagit aux images d'un milkshake chocolaté et un liquide sans goût.

Les femmes qui avaient les scores les plus élevés suite au test EDNY montraient une plus grande activité dans les régions du cerveau associées à la récompense quand elles voyaient le milkshake chocolaté.

Quand les femmes ont vraiment bu le milkshake ensuite, les chercheurs ont constaté le même type d'action dans le cerveau que celui qui se produit chez les alcooliques et les toxicomanes quand leurs envies sont satisfaites.


> Être accro aux nourritures peut-il vous faire grossir ?

Probablement. Certains experts pensent que la soumission alimentaire peut être à la base de l'épidémie d'obésité en cours, incitant de nombreuses personnes dépendantes à manger trop de sucreries, de féculents et d'aliments riches en matières grasses (souvent en mauvaises graisses).

Mais dans l'étude de l'Université de Yale, bien que les participantes avaient des corpulences variées (allant de minces à obèses), il n'y avait pas de corrélation entre l'IMC (Indice de Masse Corporelle) d'une femme et son score sur le test EDNY.

Toutefois, la responsable de l'étude (Ashley Gearhardt) a noté que l'IMC reflète la génétique, les activités physiques et le métabolisme d'une personne. De même, elle dit que certaines personnes peuvent manger d'une manière qui dénote une "obéissance" aux nourritures, mais font ensuite des régimes express ou du sport de façon compulsive pour tenter de garder leur ligne.


> De quoi un asservissement est-il à la base ?

La responsable de l'étude dit que les personnes accros aux nourritures mangent pour faire face aux émotions négatives et peuvent consommer des quantités choquantes de nourriture. Les chercheurs ont ainsi vu des femmes manger jusqu'à 10 000 calories en un repas et aussi des "gueuletons" vraiment significatifs chez d'autres femmes.

Certaines femmes se suralimentaient toute la journée et régulièrement, tout comme un fumeur tiraient sur des cigarettes à la chaîne. Il s'agit d'un indice fort pour les chercheurs puisqu'une préoccupation constante par la nourriture pourrait suggérer aussi une subordination alimentaire.

La responsable de l'étude précise que les femmes qui avaient un score élevé avec le test EDNY rapportent qu'elles ont besoin de manger de plus en plus de nourritures afin d'obtenir la satisfaction émotionnelle qu'elles avaient connu dans le passé.


> Les aliments les plus addictifs

Les chercheurs de Yale suggèrent que les gens accros aux nourritures adorent surtout les aliments hautement transformés, comme les glaces qui contiennent beaucoup de sucre et de graisses. Le chocolat et les frites peuvent également faire perdre le contrôle à l'addict.

Cela est plutôt logique d'un point de vue scientifique selon les chercheurs. En effet, certaines nourritures sont naturellement riches en sucre et certaines sont riches en matières graisses par nature (comme l'avocat) mais, la combinaison des sucres et des graisses ne se produit pas dans la nature.

Or la sujétion à la nourriture semble être le résultat des transformations alimentaires (pour fabriquer des repas industriels, des plats prêts-à-manger par exemple) qui combinent les sucres et les graisses puis qui rajoutent des produits chimiques (et parfois de la caféine ou des exhausteurs de goût) afin de produire des nourritures qui sont si différentes de celles que nous avions l'habitude de consommer dans le passé (qui sont beaucoup plus naturelles).


> Existe-t-il d'autres études allant dans le même sens ?

Dès 2001, l'Institut National de l'Usage des Stupéfiants (INUS, Etats-Unis) avait commencé à étudier l'addiction alimentaire. Ses chercheurs voulaient analyser les changements qui ont lieu dans le cerveau et qui sont associés à l'obésité. L'institut était curieux parce que de nombreux composés qui inhibent la consommation alimentaire compulsive pourraient aussi inhiber l'absorption compulsionnelle de substances illicites. Les circuits neuronaux se recouvrent partiellement.

Les études préliminaires menées par l'INUS montraient déjà, avant l'étude de l'Université Yale que le comportement des mangeurs compulsifs donne du crédit à l'idée de la soumission : envies de manger et préoccupation par la nourriture, la culpabilité ressentie ensuite, la façon dont ces addicts utilisent l'alimentation pour soulager les émotions négatives, le fait que les personnes accros à la nourriture mangeaient essentiellement la nuit ou en secret.

Certains experts n'hésitent pas à parler de la dépendance à la nourriture comme cause partielle de la montée du taux d'obésité dans le monde entier. Toutefois, personne ne suggère que l'addiction à la nourriture puisse être aussi forte ou mauvaise pour la santé que puisse l'être une assuétude à une substance illicite. Il n'empêche que les études qui tentent d'analyser le lien entre la suralimentation et l'addiction alimentaire ne sont pas très académiques. Elles pourraient finalement suggérer que n'importe quelle personne qui mange excessivement souffre simplement d'un manque d'autodiscipline.

Mais une autre étude américaine menée en 2001 suggérait que le manque de volonté n'explique pas la dépendance alimentaire, mais plutôt quelque chose d'autre. Cette étude suggérait que les personnes dépendantes de la nourriture n'ont pas assez de récepteurs pour la dopamine dans le cerveau. La dopamine est un produit chimique qui fait partie du système de "motivation et récompense" du cerveau. La dopamine est le produit chimique qui vous pousse à manger quelque chose qui vous fait mieux vous sentir.


> Comment les experts résument-ils une sujétion alimentaire ?

Les personnes accro aux nourritures ont tendance à développer une envie physique, mentale et émotionnelle de manger, et une addiction chimique à la nourriture. Les caractéristiques de tels addicts peuvent inclure :

> Quels pourraient être les signes d'une dépendance alimentaire ?

Seul la personne fana de nourritures peut déterminer si elle souffre vraiment d'une addiction. Voici les questions qu'une personne qui se soupçonne d'en être accro pourrait se poser :
  • Ai-je déjà essayé sans succès de contrôler ma consommation alimentaire ?
  • Me suis-je déjà surpris à cacher de la nourriture ou de me gaver en cachette ?
  • Eprouve-je des sentiments de culpabilité ou de remords après avoir mangé ?
  • Mange-je à cause des émotions ?
  • Est-ce que mon poids corporel est en train d'affecter ma façon de vivre ?

Les gens accros aux nourritures pourraient également montrer des symptômes comme les migraines, l'insomnie, l'irritabilité, les sauts d'humeur, la dépression.


> Que faire pour soulager une dépendance aux nourritures ?

Plusieurs choix sont disponibles pour traiter l'addiction alimentaire. Il peut s'agir de consulter un nutritionniste, un médecin, un psychologue, un spécialiste en trouble de comportement alimentaire. De plus, il existe des groupes de "Boulimiques Anonymes" dans diverses villes ou sur Internet qui proposent leurs conseils.

Voici quelques petits trucs pour éviter de manger compulsivement :
  • Savoir quelles situations déclenchent vos envies de manger, et évitez-les si possible,
  • Boire au minimum deux litres d'eau quotidiennement,
  • Faire de l'exercice physique,
  • Vous détendre avec des exercices de respiration profonde, le yoga ou la méditation,
  • Essayer de vous distraire (par la lecture, la musique, la pratique d'un passe-temps favori, etc.) jusqu'à ce que la compulsion de manger passe.


Si vous sentez que votre dépendance à la nourriture est en train de causer de graves problèmes à votre vie, demandez du soutien médical immédiatement.


Si vous êtes accro aux nourritures, comment combattez-vous cette tutelle ? Lisez les commentaires ou donnez votre avis plus bas sur cette page. Si vous avez aimé cet article, merci de le recommander sur Facebook, de le tweeter, de lui donner un vote +1 sur Google Plus.

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